La pêche, aussi impactée par les inondations : «Je ne reconnais plus ma rivière»

Les inondations ont des conséquences sur plusieurs secteurs, dont la pêche. Pêcheur, Alain Georges dit «ne plus reconnaître sa rivière».

jean-Michel BODELET

Alain Georges, de «La Rousse», société de pêche de Rendeux, le constate sans détour: «Je ne reconnais plus ma rivière, je ne reconnais plus l'Ourthe. Le fond a été véritablement raclé. La rivière a changé, elle est devenue différente. Je suis triste. Cela aura des conséquences pendant des années.»

D'emblée, il insiste et veut relativiser: «Évidemment, cela n'est qu'un fétu de paille lorsque l'on voit les drames humains qui ont été consécutifs à ces inondations.»

Le poisson coincé!

En fin observateur de la rivière, il pose son analyse: «Sur le plan de la pêche, c'est une année foutue. Certaines sociétés de pêche, notamment sur l'Amblève, ont d'ores et déjà annoncé que la pêche serait supprimée, non seulement pour des questions de sécurité, mais également pour préserver la faune et la flore.» Il ajoute: «Il n'y a aucun engouement actuellement pour reprendre cette activité.»

Alain Georges explique également: «Lorsqu'il y a un orage par exemple et que l'Ourthe déborde avant de retrouver rapidement son lit, le poisson fait une allée et venue. Ici, la situation a été différente. Le poisson s'est retrouvé coincé un peu partout.»

À côté de cela, les dégâts matériels sont importants: panneaux arrachés, détritus nombreux. «Nous envisageons une grande opération de nettoyage des berges en octobre. Nous voulons que les gens qui ont souvent été touchés par ces inondations, puissent souffler. Je me demande comment le Service Public de Wallonie va pouvoir gérer toutes ces crasses», ponctue-il.

Quelles conséquences?

À côté des sociétés de pêche, le Contrat rivière Ourthe est un fin observateur et un acteur de la rivière. Sa coordinatrice, Cécile Pironet, est sur le terrain. Elle note d'emblée: «Beaucoup de questions restent actuellement sans réponse. Nous sommes dans une phase d'inventaire et d'analyse.»

Quelles sont les conséquences de ces crues? La coordinatrice épingle plusieurs points: «Un problème recensé est celui du mazout qui s'est retrouvé dans l'eau de ces crues, mazout venu des cuves qui ont versé dans les habitations. L'eau s'est retirée, on retrouve encore du mazout sur les berges.» Ces berges ont également souffert: «Avec les gros débits enregistrés rapidement, la végétation a bougé. Certaines berges devront être sécurisées.» Si la flore a «bougé,» c'est le cas également pour la faune. Cécile Pironet d'évoquer les moules ou encore les castors. Tout devant être confirmé par les analyses.

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