Théroigne de Méricourt, d'actualité

Symbole du féminisme lors de la révolution, Théroigne de Méricourt donne son nom à un prix. L'ASBL qui le décerne était à Marcourt.

Jean-Michel Bodelet

Les responsables de l'ASBL « Synergie Wallonie pour l'égalité entre les femmes et les hommes » se sont retrouvés à Marcourt (Rendeux).

Un lieu symbolique s'il en est. C'est là, en effet, que Théroigne de Méricourt, héroïne de la révolution française et féministe avant l'heure a vu le jour. Et, d'emblée, un mot d'histoire fiction de la part d'Anne-Marie Lizin, présidente d'honneur de l'ASBL : « Théroigne a milité pour l'égalité des femmes. Si la révolution française avait eu cet axe en plus de ses revendications, nous aurions gagné des décennies », glisse-t-elle.

Théroigne de Méricourt ? Elle a donné son nom à un prix remis par l'ASBL depuis 2004. La lauréate ? Une femme qui s'est illustrée au quotidien en faveur de ses congénères. Cette année, ce prix sera remis le 22 novembre prochain.

Au palmarès on retrouve une syndicaliste, une directrice d'un centre d'accueil pour enfants ou encore une Procureur du Roi. La dernière dame honorée par ce prix étant Karima, auteur du livre « Insoumise et dévoilée ». Un choix loin d'être anodin. La problématique des mariages forcés, de « l'honneur » au sein de certaines communautés est bien réel et, comme le souligne la présidente Reine Marcelis, impossible à quantifier. Ce nouvel axe du combat féminin sera au centre d'un colloque à Liège, le 11 juin.

Son objectif ? Cerner le problème et fédérer les groupes de terrains. Pour ce faire, de nombreuses thématiques seront abordées.

La ruralité

Fédérer les groupes ? Tel est bien un des objectifs de l'ASBL. Elle n'est pas sur le terrain au sens strict du terme. Son but, la présidente le rappelle en quelques mots : « Nous sommes un organe de fédération, de représentation qui veut faire avancer le statut juridique des femmes dans différents domaines ». Le terme de « groupe de pression » est loin d'être usurpé pour l'association. Et le milieu rural dans tout cela ? « Les problèmes de la ville sont amplifiés dans le monde rural », note Reine Marcelis. Des exemples ? Les crèches pour les enfants, la pauvreté ou encore la mobilité. « Ces problèmes peuvent toucher les deux sexes.

Mais, par exemple, dans une famille à faible revenu qui possède une voiture, cette voiture sera principalement utilisée par l'homme. La femme devra se débrouiller », avance la présidente. Pour aider ses femmes, de nombreux groupes existent. Ne citons que l'ACRF. « Les femmes savent se mobiliser pour des problématiques importantes ou des activités ponctuelles », enchaîne la présidente. Rapidement relayée par Anne-Marie Lizin : « Aujourd'hui, un autre défi se trouve dans la mobilité intellectuelle. C'est-à-dire, l'accès à Internet. La femme peut rester en connexion, au sens littéral, avec tout ce qui se passe autour d'elle. Là se situe une vraie façon d'être informée, certes moins visible, mais qui permet une grande mobilisation ». Un objectif avoué de l'ASBL ? Aider les femmes à accéder à Internet, en organisant notamment des séances de formation. L'émancipation de la femme passe aussi par la toile.

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