Un beau collier d’oreilles
Publié le 11-05-2011 à 07h00
« Nous avions un itinéraire à suivre pour gagner Abbeville et son centre d’instruction. Une fois en France, on devait être pris en charge par l’armée française qu’on n’a jamais vue non plus !
On croisait des convois de soldats. En passant dans un village, un camion militaire s’est arrêté à notre hauteur. Le chauffeur nous a autorisés à monter. On a été surpris.
À Nassogne, nous n’avions pas l’habitude de voir des gens de couleurs. On a dû se faire une petite place sur les bancs qui n’étaient occupés que par des tirailleurs sénégalais !
Chemin faisant, nous nous demandions d’où venait l’odeur atroce qui régnait dans tout l’habitacle. On a vite compris quand un des soldats a montré fièrement un collier d’oreilles à un de ses collègues qui n’était pas en reste d’ailleurs. Ils avaient coupé les oreilles des soldats allemands qu’ils avaient tués. Ils les exhibaient en guise de trophées !
Nous étions aussi estomaqués qu’effrayés ! Comment sortir de ce guêpier ? Fort heureusement, quelques kilomètres plus loin, un avion ennemi a pris notre camion pour cible. Tout le monde a été prié de sortir se mettre à l’abri. Je dois avouer qu’une fois dehors, nous n’avons pas demandé notre reste. On s’est enfui ! »¦
Ph.C.