Le bois, une affaire familiale

Huet bois c’est la coupe, le transport et la transformation du bois. Des premiers bois sciés en 1947 aux chalets et produits de 2015.

Benoît CORNET
Le bois, une affaire familiale
Journée du bois ©ÉdA

Pour présenter la société Huet Georges Exploitations Forestières, il faut remonter en 1947, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, tout n'est plus que ruine et il faut tout reconstruire. Les opportunités de s'en sortir sont peu nombreuses. Si certaines régions tirent profit du commerce et de la terre, le territoire manhaydois a une caractéristique non négligeable, de vastes zones boisées. C'est ainsi que Georges Huet père décide de se lancer dans l'aventure. À cette époque, l'exploitation forestière consiste à acheter du bois sur pied pour le livrer coupé à un client. Bien sûr, tout se réalise sans machines, on coupe à la cognée, on scie avec du matériel qui s'expose à l'heure actuelle dans les musées et on débarde avec des chevaux. Les journées sont éprouvantes. Cependant, la demande ne cesse de croître, les clients ont besoin de bois, de toujours plus de bois, avec plus de variantes du produit livré. Georges Huet comprend alors qu'il convient dès lors de mieux valoriser la ressource et se diversifier. Outre le produit phare, le bois rond, apparaissent de nouveaux produits tels les piquets, les étançons, le bois de mine ou encore les pieux de soutien. Début des années 1970, la société comptera une soixantaine de salariés. Mais cette décennie sera aussi celle des premiers chocs économiques depuis 30 ans. Le prix du bois s'en ressentira très fort. En 1978, c'est le drame, Georges Huet décède subitement, laissant derrière lui son épouse et leurs 15 enfants. C'est alors Christian, l'aîné, qui va reprendre le flambeau à 26 ans pour devenir la clé de voûte de la société. Il sera rejoint par la suite par ses frères et sœurs. Ils sont actuellement six frères et sœurs dans l'entreprise. Devenue une SA avec le temps, l'entreprise exporte ses produits à travers l'Europe et le continent africain. On retrouve même des produits finis «Made in Manhay» à Jérusalem dans la construction. La société a fait de l'utilisation la plus complète de la ressource son fer de lance. Les produits sont aussi nombreux que le nombre de clients. En plus des usages précités, on peut retenir le bois de charpente, le mobilier de jardin, tipis, portiques, maisons en bois, barres d'obstacles et bien sûr les piquets de clôture et plus récemment des piquets, de 8 à 20 mètres, pour le renforcement de digues. Omniprésente au cœur de Manhay au point de faire partie du paysage, l'entreprise, au fort ancrage familial, emploie une trentaine d'ouvriers et employés et la troisième génération est bien présente en son sein. Une chose est certaine, toujours à l'heure actuelle, les dirigeants de la société se disent artisans du bois, car quand on est né dans le bois, que l'on a vécu le bois, on aime le bois: «C'est notre vie, notre passion. On lui doit tout».