Vaccination: la grogne gagne les hôpitaux

Le sentiment de stigmatisation est là pour les représentants du personnel soignants Une première action syndicale a eu lieu à Libramont lundi.

Sébastien Étienne,S.E.

Après une réelle crispation au sein de la Vivaldi, un accord s'est finalement dégagé au sein du gouvernement fédéral sur la question de la vaccination obligatoire du personnel soignant dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Au lieu de voir son contrat de travail rompu le 1er avril prochain avec allocations de chômage, le soignant non-vacciné pourrait demander à ce qu'il soit suspendu. Libre alors au travailleur de revenir plus tard. Fin de la tension politique avec un compromis mais le feu ne s'est toutefois pas éteint du côté syndical. Les représentants du personnel soignant avaient annoncé des actions. Et le mouvement de grogne a commencé à devenir visible dès ce lundi, notamment devant la clinique de Libramont. La CSC a été la première à battre le rappel de ses affiliés pour un rassemblement à l'entrée de l'hôpital; tandis que le SETCA annonçait des actions lundi à la clinique d'Arlon avant celle de Libramont ce mardi. Personnel Vivalia et collègues d'ailleurs étaient mobilisés. "Il ne s'agit pas d'être anti-vaccins mais de dénoncer la stigmatisation à l'égard du personnel soignant, précise Sylvain Fievez, permanent CSC pour Vivalia. Le personnel soignant a été en première ligne dès le début. Et voilà désormais comment on le remercie en le menaçant de sanctions. Nous ne comprenons pas. Le personnel soignant est le premier à avoir pris ses précautions vu la spécificité du métier. Sans compter que nous réclamons des moyens depuis des années." Coté syndical, on estime que 80% du personnel soignant au sein des différents hôpitaux de Vivalia est vacciné. Mais il reste toujours 20% de non-vaccinés. "Si à partir de janvier, il faudra se séparer de certains, cela pourrait donner lieu à une pénurie de 500 personnes" lance le permanent syndical. Les représentants syndicaux, se disant conscients que les responsables politiques veulent répondre à la propagation du virus, estiment que l'obligation vaccinale pour l'ensemble de la population serait plus facilement compréhensible.