Le champ de foire, terre à patates…

Le Mouvement d’Action Paysanne a organisé une action surprise, hier, à Libramont. Les militants voulaient sensibiliser à la raréfaction des terres.

Sébastien ÉTIENNE
Le champ de foire, terre à patates…
Action agricole Libramont ©ÉdA

Des partisans de la Petite Foire s'invitant au pied du LEC sur le site de la «grande» Foire agricole de Libramont pour y planter des pommes de terre. La scène insolite a lieu, vendredi après-midi. Cette action surprise a été menée dans le cadre de la journée mondiale des luttes paysannes, organisée chaque 17 avril, en mémoire de 19 paysans sans terre brésiliens assassinés le 17 avril 1996 par des tueurs recrutés par de grands propriétaires terriens. Le groupe s'était d'abord retrouvé, avec diverses autres associations (CNCD, CAL…), le matin, dans l'exploitation de Semel (Neufchâteau) accueillant habituellement la Petite Foire. Et ce pour une première plantation collective de pommes de terre. À Libramont, les militants voulaient rappeler que les agriculteurs wallons sont aussi confrontés à la raréfaction des terres agricoles ou confronté à la spéculation. Des agriculteurs venus de Hondelange étaient notamment présents pour faire part de leur incompréhension face à ce qu'ils considèrent comme une perte de terres agricoles. Idélux souhaite construire un nouveau zoning de 45 ha sur le site de Weyler-Hondelange. «Cela se ferait sur de la bonne terre agricole qui serait sacrifiée alors qu'elle est déjà rare, confiait, hier, Adrien Blauen, agriculteur à Hondelange. Nous ne sommes pas opposés à l'activité économique. Mais selon nous, d'autres sites pourraient convenir comme le camp militaire d'Arlon ou d'anciennes carrières près de l'autoroute. Mais on ne peut pas exproprier si facilement des terres appartenant au fédéral ou à la ville