Le CPAS sous tension à Houffalize

Violences verbales vendredi dernier : le personnel du CPAS est soumis à de plus en plus de tensions. Des mesures sont prises.

Jean-Michel Bodelet

Françoise Caprasse, secrétaire du CPAS (le Centre Public d'Action Sociale) d'Houffalize aime son métier. Il y a plus de vingt ans qu'elle oeuvre dans l'action sociale. Pourtant, vendredi dernier, elle a eu plus qu'une frayeur. Agressée verbalement, menacée de mort. Une réelle tension. Elle témoigne : «En vingt ans, il y a eu des insultes. Mais vendredi dernier, les événements ont pris une tournure différente dans la dangerosité.» Elle s'est sentie menacée dans son intégrité physique, une première dans sa carrière. Elle constate : «On assiste de plus en plus à des agressions verbales, des grossièretés, des meubles bousculés». Jeter l'opprobre sur les usagers de l'action sociale? La secrétaire s'y refuse énergiquement. Elle émet un regret : «Ces faits ne sont dus qu'à deux trois personnes sous influences. La majorité des usagers sont paisibles, collaborent. Ces deux trois personnes cassent un travail de longue haleine réalisé pour améliorer les images et la visibilité des CPAS. On revient, à cause d'eux, en arrière». La professionnelle ose croire, sans pour autant l'affirmer, à des événements temporaires, refusant de devoir, un jour, travailler derrière des vitres blindées.

Décisions qui ne plaisent pas

Catherine Fetten, présidente ff du CPAS, elle, insiste sur le caractère isolé et exceptionnel de tels faits. Sans pour autant les minimiser : «Il n'est en tout cas pas normal que l'on agresse des membres du personnel», souligne-t-elle reconnaissant le caractère parfois désespéré de certaines personnes : «Il y a des personnes désorientées, qui ne savent plus où elles sont. Des décisions ne plaisent pas toujours. Mais la loi nous impose certaines choses», précise-t-elle.

Marc Caprasse, bourgmestre d'Houffalize, est sur la même longueur d'onde. Sur les faits de vendredi dernier, il note : «Le jeune était manifestement sous l'influence de l'alcool et/ou d'autre chose. Il a été écroué et est venu présenter ses excuses». Des mesures prises? Oui : «Un membre de la police locale est prêt à intervenir rapidement en cas de problème», dit-il, envisageant le prochain déménagement des locaux, vers «Le Lys», dans le haut de la ville : «Ces locaux seront mieux sécurisés, notamment via un système de sonnette et de blocage de portes», souligne le mayeur.

L'augmentation des agressions de toutes sortes? Le premier houffalois y voit le contexte socio-économique de notre époque. «Le climat social est ce qu'il est aujourd'hui. Des personnes n'hésitent plus à faire 200 km pour changer de domicile quelques mois puis repartir, pensant que l'herbe est plus verte ailleurs», constate-t-il soulignant au passage l'excellent travail de tout le personnel du CPAS : «Ce n'est pas évident. Nous sommes là, nous et le personnel, pour aider les gens et non pour se faire agresser. Nous avons un CPAS rural, rien n'est comparable avec ce qui se passe dans les grandes villes. Et pourtant, des gens se retrouvent acculés et en arrivent à des extrêmes».