Quatre femmes et un coup fin

Les salaisons Blaise, à Florenville, c'est d'abord une affaire de femmes. Mieux, trois générations veillent à présent sur ce centenaire.

Francis Collin
Quatre femmes et un coup fin
Salaison Blaise ©Eda

Dans le cochon tout est bon , mais alors, le saucisson, les amis ! Demandez donc à la famille Blaise dont l'entreprise fête son centième anniversaire. Eh oui, voilà un siècle déjà qu'au fil des jours s'écrit une véritable saga familiale, dont le scénario met en exergue les salaisons maison et plus particulièrement le saucisson. Un saucisson que la fringante centenaire décline à mille et une saveurs.

« Oui, depuis plusieurs années, le saucisson constitue réellement notre cheval de bataille. Il constitue en fait quelque 70 % de notre production », confie Stéphanie Fontenoy, arrière-petite-fille de Maurice Blaise, fondateur de la société. Mais surtout troisième génération d'une véritable institution matriarcale.

Si Stéphanie Fontenoy, la cadette, a rejoint l'entreprise en 2003, lorsque cette dernière s'est implantée sur la zone artisanale de Florenville, elle partage les commandes de la maison avec sa tante, Marie-France. Mais sa maman, Françoise, qui gère avec sa soeur deux AD Delhaize à Virton et à Florenville, et sa grand-mère Andrée ne sont jamais bien loin.

Bien au contraire. Ce quatuor se retrouve plusieurs fois par semaine dans le commerce familial, place Albert Ier, à Florenville pour y partager le repas concocté par son aînée.

C'est qu'à quatre-vingt-dix ans, la grand-mère dirige encore la manoeuvre comme en ses plus belles années.

Depuis 1949, Andrée exerce en effet son talent dans la maison mère, y proposant toutes les spécialités et notamment celui qui porte son sceau et reste le fleuron de la société, le saucisson à la bière d'Orval.

« Certains nous comparent à des dinosaures, lâche Marie-France Blaise. Ils n'ont pas tort. En fait, nous estimons, l'une comme l'autre, que nous avons en quelque sorte un patrimoine à sauvegarder. Peut-être sommes-nous la maison la plus ancienne de la province dans ce métier, mais nous pouvons, en tout cas, nous targuer de proposer à notre clientèle des produits 100 % naturels, sans le moindre agent conservateur et fabriqués à l'ancienne, selon des méthodes vraiment artisanales. Mais cela ne nous empêchera jamais d'innover. C'est même notre credo quotidien. »