Ministre des Sports pendant 20 mois, René Collin garde un sentiment d'inachevé

Délesté de sa double casquette de ministre des Sports et des Infrastructures sportives en avril 2016, et en raison du remaniement ministériel qui a suivi la démission de Joëlle Milquet, René Collin conserve un sentiment d’inachevé de cet épisode.

D.J.
Ministre des Sports pendant 20 mois, René Collin garde un sentiment d'inachevé

«Certes, j’ai la satisfaction d’avoir mobilisé, en vingt mois, quelque 200 projets qui ont tous abouti et d’avoir initié, en 2015, le plan piscines qui se concrétise maintenant, mais je nourris aussi de profonds regrets, dit-il. Liés à la formation notamment. Sur la lancée de ce qu’avait entrepris André Antoine, je voulais soutenir de véritables plans de formation en hockey, athlétisme et cyclisme, mais il n’y a pas eu de suite. C’est dommage. Si un club forme un bon coureur, celui-ci va logiquement rejoindre une écurie plus huppée, mais son club n’aura pas droit à la moindre indemnité de formation. Quand vous voyez comment un club comme le CC Chevigny doit ramer pour s’en sortir, ce n’est pas normal. Le rugby mériterait aussi d’être davantage mis en exergue pour les valeurs qu’il promeut. J’avais aussi lancé l’idée des points jaunes, sorte de projet parallèle à ce qui se fait en marche avec les points verts. Mais mon successeur n’a pas trouvé ça très inspirant, pas plus que le patron de l’Adeps. La Fédération francophone de cyclotourisme a heureusement suivi l’idée. Quand vous voyez comment se développe cette discipline, en tirant bien sûr profit du Covid, c’était quand même une bonne idée, je pense. Je le répète, il faut encourager le sport, à l’école et en dehors, privilégier le sport pour tous. Une étude récente a révélé qu’à peine 14% des jeunes atteignent le minimum recommandé par l’OMS, à savoir une heure de sport par semaine. Et dans les clubs, il y a énormément de désaffiliations à l’adolescence. On doit se battre pour inverser la tendance.»