Durbuy : la maman de Joachim Vieuxtemps, tué dans un accident, témoigne dans un spot télévisé de sensibilisation à la sécurité routière

Le fils de Rose-Marie, Joachim Vieuxtemps, a été tué dans un accident de la route en septembre 2018 à Petit-Han (Durbuy). Quatre ans, plus tard elle a accepté de figurer dans la campagne télévisée de fin d’année de l’Agence wallonne pour la sécurité routière.

Sébastien Étienne
 Rose-Marie est l’un des témoins de la campagne de fin d’année de l’Agence wallonne pour la sécurité routière. Elle y évoque l’après-accident de son fils et le vide ressenti comme victime collatérale en tant que proche.
Rose-Marie est l’un des témoins de la campagne de fin d’année de l’Agence wallonne pour la sécurité routière. Elle y évoque l’après-accident de son fils et le vide ressenti comme victime collatérale en tant que proche.

Le 22 septembre 2018, Joachim Vieuxtemps, 36 ans, était tué alors qu’il rentrait au volant de sa voiture d’une soirée de travail à l’hôtel-restaurant "La Passerelle" à Grandhan (Durbuy) où il était serveur. Ce père de famille ramenait aussi un collègue.

Sa route avait croisé, à Petit-Han (Durbuy) celle d’un autre automobiliste, roulant en état d’imprégnation alcoolique et à une vitesse excessive, et qui l’avait percuté.

La justice a estimé que l’autre conducteur était seul responsable de cet accident mortel.

Et ce après une longue procédure devant le tribunal de police de Marche-en-Famenne, avec réouverture des débats, puis une conclusion sur les responsabilités confirmée en appel.

Quatre ans après ce drame, la maman de Joachim Vieuxtemps, Rose-Marie Verdin, a accepté de livrer son témoignage pour une campagne de sensibilisation de l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR) intitulée "Ça n’arrive pas qu’aux autres".

Elle est au centre de l’un des spots de cette campagne partagé dès à présent sur les réseaux sociaux et qui sera diffusé, durant la période des fêtes, en télévision. La maman de Joachim, par son témoignage, souhaitait apporter sa contribution à la lutte contre l’insécurité routière.

Rose-Marie, dans le spot dans votre témoignage, vous confiez ne pas pouvoir choisir entre le qualificatif « déjà quatre ans » ou « seulement quatre ans » pour parler de l’accident de votre fils. Lorsque l’on est frappé par un drame comme le vôtre, on perd donc toute notion du temps ?

Effectivement, vu de l’extérieur, cette perte de notion du temps peut être compliquée à comprendre. Mais face à un drame, on se retrouve dans un désarroi total et on est vidé. On ne sait parfois plus si 15 jours ou 6 semaines ont passé

Pourquoi avoir accepté de vous livrer dans une campagne télévisée ?

J’ai accepté tout de suite en hommage à mon fils lorsque l’AWSR me l’a demandé. Si par ma contribution, je peux ne fût-ce que sauver une vie, c’est déjà cela. Il y a un an encore, j’aurai peut-être hésité. Mais j’ai depuis fait du chemin.J’avais aussi accepté de rencontrer de futurs magistrats pour leur expliquer la façon dont nous avons été traités par la justice, voire maltraité dans notre cas. Mais cela n’avait finalement pas pu avoir lieu en raison de la crise du Covid.

Pour les victimes, une procédure en justice est donc une épreuve de plus après le drame ?

On nous a expliqué que dans 95% des cas cela se passait bien et dans 5% avec difficultés. Nous faisions partie de ces 5%. Car nous avons entendu des choses difficilement soutenables de la part de la partie adverse notamment. Devant le tribunal de police, le juge a expliqué « vouloir fermer des portes ». Nous avions été convoqués entre Noël et Nouvel An pour évoquer la personnalité de notre fils qui n’était plus là. Des doutes sur l’éventuelle responsabilité de Joachim ou sur des PV ont été soulevés. Comme victimes, alors que nous ne connaissons pas forcément la procédure judiciaire, c’est difficile à vivre.

Durant cette période, vous avez été accompagnés par le service d’accompagnement des victimes de l’AWSR. Cet appui vous a-t-il aidé pour traverser tout cela ?

Nous avions, en premier lieu, bénéficié du service d’aide aux victimes du parquet à Marche. Le service de l’AWSR nous a ensuite accompagnés. Nous avons reçu beaucoup d’écoute et ressenti du professionnalisme. Et je dirais qu’il ne faut vraiment pas hésiter à appeler ces services.

Pour vous, vous le dites, le dénouement judiciaire a aussi été une forme de soulagement.

Le jugement a permis d’enlever une chape de plomb que j’avais toujours sur moi. Même si nous le savions, entendre dire par la justice que Joachim n’était responsable en rien dans l’accident, a été effectivement un soulagement.

Les spots de cette campagne sont déjà visibles sur Internet avant leur diffusion en télévision: www.awsr.be

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