Cancer du sein: comment l’écriture a sauvé Valérie Renard

Rencontre inspirante avec Valérie Renard. Elle livre un témoignage de vie singulier et fort. La vie et le cancer du sein. C’est son «Mektoub».

Marielle GILLET
Cancer du sein: comment l’écriture a sauvé Valérie Renard
«Mon histoire est juste une histoire de plus.» ©ÉdA

«Aujourd'hui, j'ai perdu un sein mais j'ai gagné des ailes». Un extrait de «Mektoub ou le fabuleux destin d'un cancer du sein», témoignage sensible et délicat de Valérie Renard. Valérie, la cinquantaine, habite l'Ardenne, a deux pas de la plus petite ville du monde, Durbuy. Elle a trouvé refuge dans l'écriture, comme on s'évade en regardant les nuages. Un refuge salvateur, libérateur après avoir appris qu'elle était atteinte d'un cancer du sein, en août 2020.

« J'ai écrit dès le premier jour. Dès le premier jour, je me suis dit que cette nouvelle épreuve devait servir. Ce sera son dû et c'est bien la moindre des chosesMektoub, c'est un récit poignant, rempli d'espoir. Un message fort. L'auteure y glorifie son besoin d'écriture. « Je ne me sens pas invincible. Je peux encore faire une rechute, donc, en attendant… je vis!»

«Mon histoire est juste une histoire de plus»

La médecine guérit 90% des cas du cancer du sein, si le traitement est pris en charge à temps. « J'ai essayé, par cette écriture au jour le jour dès le début de la maladie, de dédramatiser la situation. Au-delà du fait que ce que j'avais à surmonter se présageait comme une épreuve, l'écriture est devenue alors pour moi un besoin vital. Besoin de déposer, de partager, de libérer des émotions.» Valérie insiste. Elle n'est pas là pour donner des conseils, car chacune a son histoire, a son vécu. « Mon histoire n'est pas plus intéressante que celle d'une autre, elle est juste une histoire de plus, une histoire qui peut peut-être mettre un peu de baume au cœur, ouvrir sur d'autres perspectives, ne serait-ce que pour une poignée de personnes. Et si c'est le cas, alors je suis prête à me déshabiller!»

Chronologie, biographie

Valérie a connu beaucoup d'épreuves dans sa vie. Elle a aussi connu le pire. Elle s'en est toujours relevée. Dans la discussion, on comprend aisément qu'elle est de nature optimiste. « Raconter cette histoire et m'exposer ici était aussi une étape essentielle, pour moi, pour accepter, casser des tabous, dédramatiser, oser dire.» Avant la maladie, pendant plus de cinq ans, un peu avant la cinquantaine, elle a ressenti le besoin de changer de cap, d'horizon professionnel, d'oser vivre un peu plus pour elle. C'est en août 2020, précisément le 14, jour de son anniversaire, que Valérie apprend qu'elle a deux tumeurs logées dans le sein droit. Ce jour-là, sa belle-sœur lui a offert un «carnet rose». Ce cadeau sera plus que symbolique durant la maladie de Valérie, car c'est dans ce dernier qu'elle écrira son histoire, qui deviendra « Mektoub ou le fabuleux destin d'un cancer du sein». Après réflexion, elle choisira l'ablation du sein, sans reconstruction mammaire: la mastectomie. Elle n'avait envie de subir ni un lourd traitement, ni plusieurs opérations. « J'ai perdu un bout de moi. Je dirais que depuis que j'ai perdu ce petit bout, je ne me suis jamais sentie aussi vivante. Vibrante de vie.»