Quatre ans de prison avec sursis partiel pour le pyromane de Haut-Fays

Le prévenu était souvent à proximité des endroits où le feu avait été bouté. Mais il niait tout acte volontaire ou évoquait un trou noir.

Sébastien Étienne
 Le village de Haut-Fays avait été touché par une série d’incendies, de nuit, fin 2021 et début 2022.
Le village de Haut-Fays avait été touché par une série d’incendies, de nuit, fin 2021 et début 2022. ©EDA Claudy Petit 

Privé de liberté sous le coup d’une détention préventive pour sa comparution devant le tribunal correctionnel de Neufchâteau, le suspect avait le profil d’un pyromane.

Mais pourtant il niait les faits d’incendie volontaire lui étant reprochés à deux pas de chez lui à Haut-Fays (Daverdisse). Fin 2021 et début de cette année, une série d’incendies, dont l’origine criminelle avait été retenue, s’était déclarée de nuit dans le village.

Le feu avait été bouté à un abribus, dans une étable ou encore dans un hangar agricole, à la remorque d’un habitant du village ou bien à un véhicule. Les dégâts n’avaient été que matériels. Et les soupçons avaient fini par converger vers un habitant du village, Jonathan Van Brabant, travaillant par ailleurs dans l’une des exploitations agricoles touchées.

Tout cela dans la foulée de l’enquête pour une tentative d’incendie, bien loin de là, à Tournai, le 26 août 2021. Le feu avait été allumé au châssis d’une habitation occupée par une dame dont le suspect était tombé amoureux (ce qui ne plaisait ni à cette dame ni à son compagnon). La téléphonie avait attesté de la présence du prévenu à Tournai. mais lui expliquait qu’il n’avait fait que se cacher non loin, dans une usine, pour espionner la maison.

Il niait aussi en bloc toute implication volontaire dans les faits à Haut-Fays, évoquant des trous noirs ou expliquant sa présence sur les lieux de l’incendie car il avait voulu donner l’alerte en voyant les flammes. Et pour l’incendie d’un hangar en janvier 2022, il avait expliqué à la police avoir malencontreusement laissé tomber une cigarette dans la paille.

Autant d’explications que la subsitut Anne-Sophie Guilmot avait jugé "farfelues ou peu convaincantes" lorsque le dossier a été examiné le mois dernier devant le tribunal correctionnel.

« Comme par miracle, il est là pour découvrir le feu »

Le seul fait reconnu, par le prévenu, sur les huit lui étant reprochés, était d’avoir mis le feu à des déchets au fond d’un terrain pour s’en débarrasser.

"Monsieur s’est aussi vanté un jour d’avoir allumé le Grand Feu, installé à Haut-Fays avant la date prévue, avait encore pointé la représentante du ministère public. Lorsqu’une remorque prend feu la nuit à Haut-Fays, il dit avoir été alerté par ses chiens. Et comme par miracle, il est là pour découvrir le feu."

L’’avocate du prévenu, Me Émilie Romain, a avancé le manque d’éléments matériels en soulignant que son client, s’il avait allumé des incendies, ne s’en était pas pris à des personnes et avait fait en sorte que quelqu’un soit prévenu afin que le feu soit éteint.

Le tribunal a rendu son jugement ce jeudi. Le prévenu est bien reconnu coupable d’incendies volontaires. Il est condamné, comme le réclamait le parquet, à 4 ans de prison mais avec du sursis pour 23 mois.