Ils n'ont jamais repris le ferry
Deuxième meurtre non élucidé à ce jour, celui de Paul Bellion et Lorraine Glasby, deux enseignants anglais de 28 et 21 ans venus passer leurs vacances à vélo en Bretagne, au mois d'août 1986.
- Publié le 21-11-2009 à 06h00
Ils devaient rejoindre Saint-Malo pour prendre le ferry de retour vers l'Angleterre, le 24 août. Inquiets, leurs parents et amis ne les voient pas rentrer comme prévu au pays.
Ce n'est que plusieurs semaines plus tard, le 1er octobre 1986, qu'un chasseur découvre dans un champ de maïs, près de Saint-Solen (Côtes-d'Armor), les corps de Paul et Lorraine allongés côte à côte sur le dos, les bouches bâillonnées par du ruban adhésif, les mains liées dans le dos avec une corde.
Le jeune couple a été abattu froidement d'une balle dans la nuque, par un fusil de chasse.
Très vite, les enquêteurs français font un parallèle avec l'autre affaire à quelques kilomètres de là, en 1979, celle des Belges Van Herpen. Arme similaire, calibre 22. Mêmes touristes abattus comme témoins gênants.
Roger Hecht, cette fois, ne peut être soupçonné. En août 1986, il était incarcéré à Rennes pour ses vols dans les églises !
Un codétenu révèle
L'enquête piétine... pendant quinze ans. Jusqu'au 6 septembre 2001. Ce jour-là, un détenu de la prison de Toul, en Lorraine française, demande à faire une déposition. Les policiers se méfient a priori de ce genre de témoignage, « monnayé » par une remise de peine. Mais ce que dit ce détenu est vraiment étonnant : « Mon codétenu, Michel, un gars du voyage, se vante de n'avoir jamais été coincé pour un double meurtre commis dans l'Ouest ! » Le « Michel » en question est Michel Hecht, né en 1962 à Jamoigne (Belgique) et fils de Roger. Les enquêteurs bretons affluent à Toul pour interroger Michel Hecht. Tout colle. Michel Hecht a vécu en caravane à Guingamp, en Bretagne, à partir de 1983. Peut-être Michel a-t-il commis le double meurtre sur les Anglais en 1986 pour dédouaner son père, qu'il croyait toujours inquiété pour le meurtre des Van Herpen, en 1979 ?
Mais là encore, l'enquête n'aboutira pas. Michel Hecht ne sera pas inculpé.
On veut comparer les traces ADN de Michel Hecht avec des traces ADN retrouvées dans un combi VW volé en Allemagne et abandonné dans une décharge à 4 km du crime. Dans le combi, ont été prélevés des cheveux et du sang du couple anglais.
Mais les vérifications ADN ne pourront s'opérer. Le scellé principal des prélèvements du combi a été détruit malencontreusement. En octobre 2006, la juge d'instruction de Dinan en charge du dossier rend une ordonnance de non-lieu.