Fusion : La majorité bertognarde « dit stop à l’intimidation et à la haine »

S’il n’y a pas eu de conseil communal jeudi soir, le climat était très tendu entre certains. Des élus ont dû être escortés par la police.

X.C.
Fusion : La majorité bertognarde « dit stop à l’intimidation et à la haine »
Jean-Marc Franco et les élus de la majorité déplorent ces comportements. ©EDA Claudy Petit

Depuis l’annonce du projet de fusion avec la commune de Bastogne, la tension est palpable à Bertogne. Mais elle semble avoir atteint un niveau délétère au fil du temps.

Jeudi soir,alors que le conseil communal de jeudi a été annulé suite à l'hospitalisation en urgence du bourgmestre Christian Glaude, de nombreux citoyens étaient venus, certains bien remontés. Plusieurs s'étaient même déplacés en tracteurs, se plaçant au plus près de l'école communale où devait avoir lieu la séance. Des échanges très, trop tendus ont eu lieu, avec des mots dépassant le respect.

De quoi faire réagir la majorité ce vendredi, via un communiqué. "Nous nous devons de dénoncer le climat d'intimidation, de harcèlement et d'agressivité entretenu et développé autour du projet de fusion avec la commune de Bastogne, débute la majorité bertognarde. Ce climat malsain a atteint son paroxysme lors du conseil prévu ce jeudi soir. Face à une partie de la population, venue visiblement pour en découdre et empêcher le débat démocratique, les échevins présents pour annoncer le report du conseil ont quitté les lieux sous protection policière afin de garantir leur sécurité." La majorité indique que, devant le climat électrique, la police a jugé nécessaire de surveiller les domiciles des élus une bonne partie de la nuit. "La directrice générale a par ailleurs du faire face à des attaques personnelles et supporter des propos agressifs", regrettent encore les élus du groupe Gestion Communale, qui tiennent à "remercier M. Aubry pour son attitude respectueuse et humaine. Nous condamnons par contre fermement les propos agressifs de certains de ses colistiers."

La majorité dénonce aussi "l'instrumentalisation d'une partie du monde agricole, afin de jouer l'intimidation en encerclant la salle du conseil à bord de matériel lourd".

«D’abord les réunions citoyennes et un climat apaisé»

Le groupe GC poursuit: "Nous demandons donc à la minorité et aux représentants du mouvement MR de condamner fermement et sans ambiguïté ce type de comportement afin de permettre la reprise du processus démocratique mis en place et le bon déroulement des séances d'information prévues dès la semaine prochaine. Nous avons à ce stade pris contact avec M. Aubry pour apaiser ce climat contre-productif et réunir prochainement les deux groupes."

La majorité précise encore "que le conseil de ce jeudi devait entériner une intention de fusion, première étape d'un processus permettant de rencontrer la population, de recueillir ses avis, d'entendre ses craintes et de répondre à ses questions". Les dates de rencontres prévues sont bien maintenues, "certains que la majorité des Bertognards et Bastognards désapprouve de tels agissements, qu'elle souhaite pouvoirs compléter son information et donner son avis dans un climat serein et constructif".

Quant à la question de la consultation populaire, réclamée par la minorité et soutenue par une pétition de 1626 signatures, Jean-Marc Franco, contacté par nos soins, indique que "nous allons d'abord faire les réunions citoyennes et si le climat s'apaise, nous aurons une réunion et nous verrons ce que nous déciderons ensuite".

Julien Lindt (minorité) : « Nous voulons un débat serein, pas des cris et des insultes »

Du côté de la minorité, Julien Lindt, après avoir pris connaissance du communiqué, tient d’abord à préciser: « Quand nous avons appris l’annulation à 19h45, nous avons directement dit que nous allions tout de même y aller par respect pour la population qui se déplaçait et que nous ne siégerions pas car la politique est une chose, mais la santé passe avant tout. Il n’y avait de toute façon pas le quorum nécessaire. » Quant aux échanges tendus, il explique: « Je ne peux pas parler de ce que je n’ai pas entendu car je n’ai pas assisté à toute la scène.?Mais soyons très clairs, nous voulons un débat serein et le respect de la démocratie.?Jamais nous n’avons voulu ni inciter les gens à crier, à insulter et autre. Nous sommes contre ce genre de choses.?Des gens se sentent lésés et ont envie de le faire savoir, ça, ce n’est pas de notre faute. Ils ont dit qu’ils reviendraient lors de la prochaine séance.?Mais il faut que tout cela se fasse sereinement. »