Attaque d’un loup confirmée à Bourcy : une première dans la commune de Bastogne !

C’est un loup qui a tué six brebis et en a blessé une dizaine d’autres à Bourcy dans la nuit du 25 au 26 novembre.

Xavier Creer
Attaque d’un loup confirmée à Bourcy : une première dans la commune de Bastogne !
Six brebis ont été tuées par le loup durant la nuit du 25 au 26 novembre. Trois autres ont été euthanasiées depuis.

Les suspicions étaient réelles et les analyses ADN ont fait s'envoler tous les doutes possibles: c'est bien un loup qui a attaqué des brebis dans une prairie clôturée de Bourcy la nuit du 25 au 26 novembre! "Les résultats sont tombés et c'est confirmé, commente Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW. C'est un loup franco-italien." Si des attaques ont déjà eu lieu du côté de Houffalize, entre autres en février dernier, la commune de Bastogne était jusqu'à présent épargnée. "De mémoire, il n'y a jamais eu d'attaque dans le coin de Bastogne", atteste Nicolas Yernaux.

Loup de passage ou pas?

La question est désormais de savoir si c'est un loup de passage ou s'il s'est établi dans la région. "On ne le sait pas encore, reconnaît le porte-parole de la SPW. Les analyses génétiques se font en deux temps. La première étape détermine si c'est un loup ou pas. La seconde permet de voir si c'est un ADN connu dans notre base de données. Cela permettra de vérifier si ce loup a déjà été à la base d'autres attaques. Nous attendons les résultats".

Quelques jours avant l'attaque à Bourcy, trois moutons avaient été retrouvés tués près d'Engreux (Houffalize). Mais pour ce cas-là, l'ADN n'a pas encore parlé. "Ils n'ont rien su détecter avec les échantillons récoltés, comme on le craignait un peu puisque des charognards avaient déjà bien abîmé les carcasses, note Nicolas Yernaux. Il faut des analyses supplémentaires."

«Il faut que l’UE bouge et nous aide»

Quoi qu'il en soit pour Engreux, les éleveurs bastognards vont sans doute, désormais, être un peu plus sur leurs gardes. Dans l'attaque de Bourcy, le loup avait tué six brebis et en avait blessé une dizaine d'autres. Depuis, le vétérinaire a dû euthanasier trois autres brebis. "Et 12 brebis en gestation ont avorté, ajoute Quentin Chausteur, l'éleveur concerné. Sans parler d'un troupeau fort apeuré et stressé depuis lors."

Quentin Chausteur va être indemnisé pour les brebis mortes, mais le préjudice subi dépasse donc les animaux perdus. Surtout, l'éleveur déplore le manque d'aide pour répondre à la présence de ce prédateur et les risques qui en découlent. "Je ne suis ni pour, ni contre la réintroduction du loup, explique-t-il. Mais on réintroduit un animal qui en tue des centaines d'autres pour vivre. Donc il faut venir avec des moyens pour protéger nos troupeaux, qui demandent un sacré investissement en argent et en temps. Nous, éleveurs, avons déjà assez de tracas pour ajouter ce poids en plus. Il faut que ça bouge au niveau de l'Union européenne pour nous donner les moyens financiers et matériels de lutter contre cette menace! Les clôtures électriques et les chiens de protection sont des moyens dissuasifs, mais il n'y a pas de solution miracle." Et l'éleveur de conclure: "Nous avons peur d'être au printemps, lorsque nous allons devoir ressortir nos animaux en prairie".

D’ici là, il devrait être établi s’il s’agissait d’un loup de passage ou s’il risque de toujours rôder dans les parages.