Riverains du broyeur à métaux: votre urine et votre sang pourront être analysés

C’est désormais officiel, un biomonitoring sera lancé sur des riverains du broyeur à métaux d’Aubange.

LP
Riverains du broyeur à métaux: votre urine et votre sang pourront être analysés
La ministre wallonne de l’Environnement Céline Tellier donne des précisions sur le biomonitoring. ©ÉdA Mathieu Golinvaux

Un biomonitoring humain sera lancé autour des sept broyeurs à métaux que compte la Wallonie.

Les Aubangeois vivant à proximité du site d’Ecore, sur le zoning d’Aubange sont donc concernés.

L’objectif est de mobiliser entre 50 et 100 personnes volontaires par site (adolescents si possible ou jeunes adultes), qui confieront à l’Issep (institut scientifique de service public) un échantillon de sang et d’urine et répondront à un questionnaire. Cette phase de recrutement devrait démarrer en décembre.

L'analyse de ce biomonitoring portera plus globalement sur les polluants organiques persistants et les métaux lourds. Les résultats seront alors comparés avec ceux du biomonitoring wallon portant sur l'ensemble de la population. Résultats que vous avez pu découvrir dans les pages nationales de notre édition de mardi.

Mardi matin justement, les députés Jean-Philippe Florent (Écolo) et Anne-Catherine Goffinet (cdH) ont interrogé en commission la ministre de l’Environnement Céline Tellier, à propos de ce biomonitoring, qui vise à préciser l’impact de l’environnement sur les populations locales.

Une information complète des riverains

«Un biomonitoring ne peut être mené à bien sans la collaboration des populations concernées et donc leur parfaite information, précise la ministre wallonne. Le projet implique donc une information complète des riverains qui sera organisée par l'Issep. Il s'agira de présenter le programme de recherches tout en faisant appel à des volontaires pour y participer. Ce programme de recherche prendra le temps nécessaire à une analyse de qualité. Il doit commencer cet automne pour se terminer normalement en août 2023.»

Pratiquement deux ans pour une étude, cela peut paraître long. «Ceci s'explique par le fait que sept sites sont concernés, qu'il faudra recruter au minimum 50 personnes de la tranche d'âge visée par site et ensuite procéder au questionnaire, prélèvements et analyses de métaux, PCB et autres molécules organiques, énumère la ministre. C'est un travail colossal qui est lancé. À titre de comparaison, les résultats du premier biomonitoring général de la population wallonne présentés ce lundi ont pu aboutir après deux ans de travail.»

Céline Tellier précise également que des séances de restitution des résultats sont prévues à l'issue du programme de recherche. «Cette restitution, comme dans tout programme de biomonitoring, doit se faire prioritairement à destination des participants de l'étude, avant la communication du rapport général», ajoute la ministre, qui rappelle que son objectif n'est pas uniquement de mesurer la pollution autour des broyeurs à métaux «mais bien surtout de la réduire, que ce soit par le tri en amont, par l'imposition de conditions dans les permis et par l'installation de filtres comme nous l'avons imposé

Sur le site d’Ecore à Aubange, le processus d’ultrafiltration devrait être opérationnel en novembre.