Cédric Melot, un modèle de longévité

Série A à 37 ans, Cédric Melot fait office d'anachronisme dans le milieu de la balle jaune. Coup d'oeil dans le rétro d'un joueur hors normes.

Christophe GAUDRON
Cédric Melot, un modèle de longévité
11965379 ©© EdA

Cédric Melot, vous avez 37 ans, vous êtes série A depuis l'âge de 19 ans, vous avez été 390e mondial et avez joué l'US Open en 1994. Qu'est-ce qui vous fait toujours courir après tout ce temps ?

La passion. Je suis toujours aussi mordu. J'aime vraiment ce sport, je l'ai dans les tripes. Mais pour durer à ce niveau, il me faut une bonne hygiène de vie. Cela passe par beaucoup de prévention. Les séances de kiné, les étirements, etc.

Tout ça est assez astreignant mais obligatoire. Et même si je suis bien épargné par les blessures, je sens que mon corps est usé, notamment le matin où il m'arrive de me sentir cassé de partout. L'arthrose (hanches) et les lombalgies sont des réalités maintenant. C'est ce qui fait que je m'aménage des pauses dans la saison quand je n'ai plus d'énergie.

Vous êtes-vous fixé une deadline ?

Non. Pour moi, chaque année en plus au haut niveau, c'est du bonus.

Tant que la machine est en état, je jouerai. Je me rends compte que je suis un privilégié et que j'ai beaucoup de chance de jouer à ce niveau-là à 37 ans. C'est peut-être lié au fait que quand j'étais gamin, je n'avais que trois heures de cours par semaine, et non une douzaine comme certains autres joueurs.

Quel a été votre parcours ?

J'ai commencé tard, vers 7-8 ans. Il y avait un terrain à la maison et j'ai appris le tennis avec un prof de quartier. Je n'ai jamais été repris par l'AFT. J'ai toujours travaillé avec un entraîneur en club.

J'ai progressé assez rapidement. En 84 et 85, j'ai remporté la Coupe de Borman, du temps où les Wallons et Flamands se rencontraient encore. Je l'ai même gagnée en préminimes en 1983.

À la fin de mes humanités, mes parents m'ont laissé tenter ma chance sur le circuit pendant un an ou deux.

J'ai été 6e Belge et 2e francophone. Avec le recul, je pense que si j'avais été mieux encadré, je parle d'un point de vue fédéral, j'aurais eu une tout autre carrière.

Peut-être le top 100-150, vu qu'il m'arrivait de battre des joueurs du top 200.

Êtes-vous d'accord quand on dit de vous que vous êtes un théoricien du tennis ?

Oui. J'observe beaucoup le jeu de mon adversaire en composant avec mes qualités, qui sont un bon sens de l'anticipation et une bonne vision du jeu.

C'était la première fois que vous jouiez Julien Onclin ?

Oui. Et pourtant, nous nous connaissons depuis longtemps puisque nous avons été partenaires d'interclubs au RTC Liège.

Un mot sur l'organisation marchoise.

Super et très conviviale.

Normalement, je devais disputer un 5 étoiles à La Hulpe, mais comme je fais souvent les mêmes tournois, je me suis dit que ce serait une bonne occasion de rencontrer d'autres joueurs. L'ambiance a vraiment été très bonne. Je reviendrai bien sûr en 2011.

Que devez-vous au tennis ?

Il est clair que je dois beaucoup au tennis.


Ce sport m'a appris à me battre sur un court mais aussi en dehors. Il m'a aussi donné mon métier (NDLR : Cédric est directeur de l'école de tennis du club de Wellington, à Uccle).

Et bien évidemment, il m'a permis de voyager pas mal.

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