Magnus a crispé le débat

La sortie médiatique musclée du bourgmestre arlonais Vincent Magnus mardi matin a sonné le glas du climat plutôt consensuel, régnant jusque-là, depuis l’annonce par le directeur général de Vivalia du scénario retenu pour le futur des soins hospitaliers en Luxembourg.

Daniel lapraille

Elle a même fortement crispé les débats, la radicalisation des propos rendant les négociations compliquées. Nouveau venu dans le cercle des cdH de la province qui comptent, remonté par les humanistes du Sud, il a démoli le plan et allumé son président de parti. Que Vincent Magnus, qui a construit sa campagne comme bourgmestre sur le développement du chef-lieu, monte au créneau, fût-ce armé d’une Kalachnikov au moment où il est question qu’Arlon perde son hôpital aigu, n’est en rien une surprise. Le contraire le serait davantage. Vincent Magnus ne pouvait se laisser déborder sur son terrain par la révolte. On vous l’a écrit déjà, dans ce dossier, n’existe plus ni majorité provinciale, ni discipline de parti, c’est la défense de son pré carré qui prévaut. Mais qu’il flingue son président de parti Benoît Lutgen en l’accusant en substance d’être un magouilleur résonne comme une erreur/maladresse (biffer le terme inadéquat) politique. La virulence de l’attaque le place dans une position inconfortable de négociations. Ne nous leurrons pas. Le scénario retenu par l’étude avait percolé dans tous les partis avant la présentation officielle. Les politiques et médecins concernés avaient eu l’occasion d’en débattre en « off » déjà. Le bourgmestre d’Arlon lui-même, s’il n’avait pas applaudi à deux mains, avait convenu devant ses collègues du cdH que le scénario semblait envisageable, moyennant quelque aménagement. Il n’en est plus là. L’escalade dans les propos est contre productrice. Car, finalement, ce projet d’un nouvel hôpital de pointe dans le Centre-Sud est une proposition des conseils médicaux des hôpitaux de la province eux-mêmes ! La proposition est signée par les représentants des trois conseils médicaux, les DrDelrue et Pierre pour les cliniques du Sud Luxembourg. Position réitérée en décembre 2012 ! Cela explique sans doute que gênés aux entournures, les médecins se montrent d’ailleurs nettement moins radicaux que les politiciens. C’est la chance du projet.

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