Deux double s meurtres remontent à Arlon
Michel Hecht, incarcéré à Arlon, a-t-il tué des touristes anglais en Bretagne, en 1986 ? Son père est aussi cité pour un autre double meurtre, en 1979.
- Publié le 21-11-2009 à 10h00
Savez-vous que rien qu'en France, Belgique et Suisse, on dénombre 420 meurtres non élucidés au cours des vingt dernières années ? Deux vieilles affaires de crimes en France, en Bretagne, sont ainsi toujours restées à l'état d'énigmes.
Qui a tué, le 15 juillet 1979, un couple de touristes belges de Gand, André et Marie-Christine Van Herpen, retrouvés morts dans un fourré tout près de Dinan, dans les Côtes-d'Armor ?
Sept ans plus tard, le 24 août 1986, qui a tué un couple de touristes anglais, Paul Bellion et Lorraine Glasby, dont les dépouilles sont découvertes dans un champ de maïs à Saint-Solen, à nouveau dans la campagne proche de Dinan en Bretagne ?
Pour ces doubles meurtres, le modus operandi a été le même. Ces couples de jeunes touristes de moins de 30 ans ont chaque fois été abattus d'une balle dans la nuque, tirée à bout touchant avec un fusil de chasse.
Pourquoi ces crimes gratuits ? Ces touristes étaient-ils des témoins gênants pour des voleurs voulant commettre des délits en toute impunité ? On n'a jamais su.
Un témoignage accablant
Chose étrange : en décembre 1980, à 800 km de la Bretagne, des gendarmes de la BSR d'Arlon recueillent le témoignage d'une femme blessée dans son orgueil, une certaine M. « Mon concubin, Roger Hecht, 43 ans, m'a quittée pour aller vivre avec ma soeur. Ça ne vous intéresse peut-être pas, mais si je vous dis qu'en l'espace de trois ans, il a volé 40 statues et oeuvres d'art dans des églises en Bretagne pour les revendre à l'étranger... Et surtout, qu'il a tué un couple de jeunes touristes belges ! » Devant les gendarmes arlonais ébahis, la dame dit que son ex-ami, Roger, brocanteur faisant partie des gens du voyage, faisait avec elle « un coup » dans une église de Lamballe, en Bretagne, lorsqu'ils ont été surpris par un couple de jeunes touristes belges.
Roger est parvenu à détourner leur attention et « est ensuite monté dans leur Toyota Corolla couleur moutarde pour aller prendre un verre avec eux à Dinan, afin de négocier l'achat de la bague de la jeune femme ». La dame M., très bavarde, ajoute qu'un peu plus tard, elle a revu son compagnon, seul, occupé à abandonner la voiture des Belges à un croisement de routes. Les corps du couple Van Herpen seront retrouvés à quelques mètres de leur véhicule.
Mais le témoignage de la dame M. sera finalement abandonné par le juge chargé de l'enquête en France, car celle-ci changera souvent de version et est elle-même impliquée dans le trafic d'oeuvres d'art qu'elle dénonce. Finalement, un non-lieu est prononcé. Roger Hecht ne sera jamais poursuivi.
Mieux, aujourd'hui, il n'a plus aucun souci à se faire pour cette affaire définitivement prescrite.
Mais pour l'autre double meurtre, celui de 1986, c'est le fils de Roger, Michel Hecht, vers qui se porte toujours le regard des enquêteurs français...