Grand-Duché : Vers deux index successifs, avant un troisième ?

La prochaine tranche indiciaire tombera au plus tôt le 1er février. Une seconde suivra en avril, en attendant une possible troisième ?

David Marques (Le Quotidien)
 L’inflation a pu être freinée plus nettement que prévu en raison d’une baisse appuyée de 8,8% des prix pétroliers.
L’inflation a pu être freinée plus nettement que prévu en raison d’une baisse appuyée de 8,8% des prix pétroliers. ©archives LQ/Alain Rischard

La réduction du taux d’inflation annuel de 5,9% à 5,4% fait que la prochaine tranche indiciaire tombera au plus tôt le 1er février. Une seconde suivra en avril, en attendant une possible troisième en automne.

Il faudra attendre le 15 février pour être fixé. Le Statec communiquera alors la prochaine évaluation de l’inflation au Luxembourg, avec à la clé la confirmation (ou pas) de la date de déclenchement de la prochaine tranche indiciaire.

Si le calcul est très technique, il est intéressant de faire le point sur l’indice des prix qui décide du moment de nouvelle revalorisation des salaires et pensions de 2,5%. Cet indice est passé entre novembre et décembre de 963,34 à 963,76 points, restant un petit point en dessous du seuil qui déclenche l’index, fixé à 964,64 points.

En ce début de mois de janvier, il faut donc s’attendre à ce que deux tranches soient versées successivement: une première en février ou mars, et une seconde en avril, qui est d’ores et déjà acquise. Il s’agit en effet de la tranche reportée de juin 2022. En d’autres termes, les salaires et pensions devraient être revalorisés de 5% à l’issue des trois mois à venir.

Comme d’habitude, le conditionnel doit rester de mise au vu des importantes fluctuations, notamment en ce qui concerne les produits pétroliers. Entre novembre et décembre, les prix pour l’or noir ont connu une baisse appuyée de 8,8% ce qui permet au Luxembourg de voir son taux d’inflation annuel passer de 5,9% à 5,4%.

L’effet positif des mesures tripartites

Les mesures décidées par la tripartite de fin septembre commencent donc à produire un premier effet majeur sur l’inflation. Grâce, notamment, au plafonnement du prix du gaz à +15%, l’inflation annuelle est inférieure au seuil de 6,2% annoncé à la sortie des négociations entre gouvernement, syndicats et patronat. Après un pic à 7,4% en juin dernier, le taux d’inflation est passé à 9,6% en septembre et 6,4% en octobre. En novembre, le taux est tombé en dessous du seuil de 6% (5,9%).

Le gouvernement avait trouvé un accord avec les partenaires sociaux pour débloquer une enveloppe budgétaire de 1,1 milliard d’euros afin d’anéantir les répercussions de la crise énergétique, déclenchée par l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Le paquet ficelé par la tripartite semble donc engager le pays sur la bonne voie. Le Statec compte cependant attendre le 1er février pour donner une première estimation sur le taux annuel de l’inflation pour cette nouvelle année. Ce dernier sera décisif à bien des égards.

L’Institut national de la statistique misait début septembre sur un taux d’inflation de 3,4% en 2023 contre 6,6% avant la tripartite. Début novembre, le Statec annonçait le possible versement de trois tranches indiciaires sur cette seule année 2023. La tripartite s’était accordée sur le versement d’office de deux tranches, comme énoncé ci-dessus, dans le courant du premier trimestre, suivi de celle en avril.

Deux des trois scénarios (bas, central et haut) prévoyaient en novembre le versement d’un index supplémentaire, au troisième trimestre 2023. La Chambre de commerce estimait dès fin septembre que le déclenchement d’une troisième tranche ne faisait "quasiment plus de doute". En raison d’une décélération moins importante de l’inflation, elle misait sur un index "vers la fin du troisième ou le début du quatrième trimestre 2023".

L’État payerait en partie un troisième index

Pour rappel, le gouvernement s’est engagé lors de la tripartite "à compenser entièrement l’impact" d’une troisième tranche en 2023 sur les entreprises. Il reste toutefois à savoir quelle forme prendra cette compensation et ce qu’entend le gouvernement par "entièrement". A priori, seuls les mois entre le déclenchement de l’index et la fin de l’année 2023 seront pris en charge par l’État, soit seulement une partie des 800 millions d’euros que coûte un index sur douze mois.

Une nouvelle tripartite sera en tout état de cause convoquée si le troisième index se confirme.

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