Benoît Piedbœuf: « Cette taxation va faire fermer l’hôpital d’Arlon »

Une catastrophe s’annonce, prédit le député fédéral Benoît Piedbœuf, attentif aux matières fiscales.

La Rédaction de L'Avenir
 Le député Benoît Piedbœuf tire la sonnette d’alarme.
Le député Benoît Piedbœuf tire la sonnette d’alarme.

"U ne catastrophe s’annonce. Cette taxation va faire fermer l’hôpital d’Arlon", lance le député fédéral Benoît Piedbœuf. Il craint un retour massif d’infirmières françaises vers la France. Or, l’hôpital d’Arlon compte environ 30% de personnel soignant venant de France.

Pourquoi cette crainte ? Parce qu’au 1er janvier 2023, ce sera la fin de l’exception fiscale pour les frontaliers français travaillant en Belgique dans le secteur public. Ils seront imposés en Belgique, et non plus en France. Il sera donc nettement moins avantageux pour les infirmières françaises de venir travailler en Belgique. Du moins, pour celles qui prestent de notre côté de la frontière depuis 2011. Les autres étaient déjà redevables à l’État belge.

Le député libéral également bourgmestre de Tintigny n’a eu cesse d’interpeller le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, et le ministre de la Santé, Franck Vandenbroucke, à ce propos. "On ne prévoit pas de régime transitoire, pourtant maintenu jusque 2033 pour les travailleurs du secteur privé ", regrette-t-il.

Les échos qu’il a reçus ne vont pas dans le sens d’un moratoire. "Les nouvelles ne sont pas très bonnes, je me doute bien que ce sera compliqué de faire changer une décision qui a été signée il y a peu de temps. Il y a péril, et cela ne concerne pas que la province de Luxembourg, mais toutes les zones frontalières, en Flandre aussi".

Une prime de 16 000 € dans le Grand Est

La France fait face aussi à une pénurie de personnel soignant, encore plus forte dans les zones frontalières. La Région Grand Est a ainsi lancé une prime pouvant grimper jusqu’à 16 000 € pour convaincre ses étudiants infirmiers de rester travailler dans la région.

En soi, être imposé dans le pays où l’on travaille, n’est pas si illogique en vertu de plusieurs conventions bilatérales évitant les doubles impositions. Et ce n’est pas les frontaliers qui bossent au Grand-Duché qui vous diront le contraire.

La situation franco-belge qui prévalait jusqu’ici arrangeait bien les hôpitaux et maisons de repos frontalières belges.

"J’ai recommandé aux directeurs médical et général de Vivalia d’écrire aux ministres pour faire également pression pour essayer d’obtenir un moratoire. La seule solution, c’est ce moratoire ", souligne Benoît Piedbœuf.

Le député cite les avantages qui vont prochainement arriver côté belge: la mise en place des barèmes IFIC, les aides spécifiques du fédéral, l’augmentation de la quotité exemptée d’impôt. Toutes des mesures financièrement intéressantes, mais qui ne compenseront pas l’avantage d’être imposé en France plutôt qu’en Belgique, même à salaire moindre.