Marc Nicolas, l’un des derniers sonneurs de cloches

Marc Nicolas actionne encore les cloches manuellement. Un film sur le sujet a été réalisé et sera présenté en avant-première le 26 juin.

Étienne Wanlin
 Marc Nicolas, un des derniers sonneurs de cloches.
Marc Nicolas, un des derniers sonneurs de cloches. ©ÉdA

Chaque jour, à midi, les habitants de Bellevaux sont invités à la prière de l’Angélus. Cela se pratique dans bien d’autres paroisses. Ce qui fait la particularité de ce petit village de l’entité de Bouillon, c’est que les cloches sont encore actionnées manuellement aux cordes par un sonneur de cloches bénévole. Depuis le 13 janvier 2002, jour du décès de sa maman, Marc Nicolas se rend chaque jour à l’église pour effectuer le même rituel. Il succède ainsi dans cette fonction à des générations de dames, voisines de l’église, dont la dernière était sa maman Adeline. Dans la plupart des villages, on a procédé à l’électrification des cloches. À Bellevaux, Jean-Marie Wilmotte, doyen autoproclamé de Bellevaux et Mogimont, s’y est toujours opposé. Les cloches ne servent pas seulement à sonner l’Angélus. Lors du décès d’un habitant du village, on sonne le glas. Le tocsin est une sonnerie de cloche pour alerter la population d’un danger imminent tel qu’un incendie, une invasion, une catastrophe naturelle. L’abbé Wilmotte se souvient: " En 2003, mon confrère Pierre Arnould (ancien doyen de Forêt et retraité à Bellevaux) et moi avons voulu marquer le coup au moment de la guerre en Irak. La guerre actuelle en Ukraine a été oubliée malgré son impact social et économique dans le monde entier. » " Chacun a son coup de cloche « , comme on dit. À l’écoute de la sonnerie, on sait dire si c’est le sonneur habituel qui officie ou s’il s’est fait remplacer.