Alain Mathot à nouveau devant la justice ce mercredi : sera-t-il rejugé ou sa condamnation sera-t-elle définitive ?

Ce mercredi 5 octobre 2022, le pourvoi en cassation introduit par l’ancien député-bourgmestre de Seraing, Alain Mathot, sera examiné. Qu’adviendra-t-il de l’ancien socialiste ?

Th.L.
Alain Mathot à nouveau devant la justice ce mercredi : sera-t-il rejugé ou sa condamnation sera-t-elle définitive ?
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La Cour de cassation examinera ce mercredi 5 octobre 2022 le pourvoi introduit par l’ancien député-bourgmestre de Seraing, Alain Mathot, dans le cadre d’un dossier de corruption relatif à l’attribution d’un marché lors de la construction de l’incinérateur Uvélia pour le compte d’Intradel, l’intercommunale de traitement des déchets en province de Liège.

Devant la Cour de cassation, Alain Mathot devrait à nouveau plaider " l’erreur judiciaire ", lui qui a toujours nié avoir eu une quelconque influence dans l’attribution du marché à la société "Innova France". L’ancien homme fort du PS, toujours très populaire, acquitté en première instance, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis pour corruption passive par la cour d’appel de Liège en mars 2022, écopant par ailleurs d’une confiscation de 700.000 euros (une somme qu’il aurait reçue, selon la cour d’appel, pour que la société "Innova France" obtienne le marché) et d’une inéligibilité de cinq ans.

L’avocat d’Alain Mathot, Me Jean-Philippe Mayence, l’avait d’ailleurs indiqué au cours des audiences : il n’y a aucune preuve dans ce dossier que son client ait influencé le marché public. Si Philippe Leroy, le directeur d’Innova, disait avoir corrompu le socialiste (qui, à l’époque, n’était que conseiller communal), c’est parce qu’il a soutiré de l’argent à son entreprise… et qu’il a tout gardé. C’est pour se couvrir vis-à-vis de son employeur qu’il a prétendu avoir dû corrompre Alain Mathot.

Selon Me Mayence, le corrupteur a menti et les enquêteurs se sont acharnés sur l’ancien député-bourgmestre sans respecter la présomption d’innocence.

"Être jugé à Liège a eu les conséquences que je craignais, c’est-à-dire une condamnation", avait indiqué Alain Mathot, à la sortie de la salle d’audience. "Dans un schéma où je pensais en avoir fini (Ndlr : avec cette affaire judiciaire) après quinze ans, eh bien non. Mais, je ne vais pas laisser les choses comme cela, pour la simple et bonne réponse que, je le répète à qui veut l’entendre, c’est que je suis innocent. Je n’ai jamais touché un euro, je ne suis jamais intervenu dans ce dossier, ou dans n’importe quel autre dossier. Jamais de la vie, je n’aurais fait cela. Le combat va continuer pour qu’à un moment donné, la vérité éclate."

Demain, n’importe qui peut accuser n’importe qui de n’importe quoi, avec le risque d’être condamné.

"J’espère qu’on va faire éclater la vérité, car il n’y en a qu’une : je suis innocent", avait-il encore indiqué. "Aujourd’hui, on vient de vivre une erreur judiciaire qui a des conséquences dramatiques de manière personnelle, pour ma famille et mes amis. Depuis que je suis né, je me bats. Je vais continuer ce combat pour prouver mon innocence."

Alain Mathot conclura ses propos en disant : "Je suis condamné parce que je n’ai pas su prouver que j’étais innocent. On vient de crédibiliser un homme qui m’accuse. Je suis condamné sur base d’une personne qui est partie dans un délire pour se protéger lui-même. La cour d’appel vient juste dire que cet homme est crédible. Demain, n’importe qui peut accuser n’importe qui de n’importe quoi, avec le risque d’être condamné."

Voici les deux scénarios possibles

Reste que le dossier sera abordé ce mercredi par la Cour de cassation. L’affaire sera-t-elle renvoyée devant une cour d’appel autrement constituée (et sans doute ailleurs qu’à Liège) que celle qui a jugé Alain Mathot ? Ou la Cour de cassation décidera-t-elle de rejeter le pourvoi, mettant ainsi un terme définitif à cette affaire ? L’arrêt prononcé contre l’ancien politicien deviendrait alors définitif.