Le trio wallon braquait des commerces en France "pour rembourser nos dettes aux dealers"

Les trois Belges qui comparaissent, depuis ce lundi, devant la cour d’assises de l’Aude, en France, pour avoir commis cinq braquages en 2019, ont tous eu une enfance chaotique. Livrés à eux-mêmes dès leur plus jeune âge, ils ont sombré dans la consommation de drogue.

Th. L.
Le trio wallon braquait des commerces en France "pour rembourser nos dettes aux dealers"
Les braquages, «ça s’est fait sur un coup de tête», a indiqué la jeune braqueuse. ©AFP

Le trio wallon n'en mène pas large devant la cour d'assises de l'Aude, qui se tient au palais de justice de Carcassonne (France). Deux d'entre eux comparaissent sous bonne escorte, alors que la seule fille de la bande est, elle, libre, mais elle est placée sous contrôle judiciaire depuis son interpellation. Ces trois jeunes wallons sont suspectés d'être les auteurs de cinq méfaits, commis entre le 30 octobre et le 6 novembre 2019. Le tout au volant d'un véhicule volé en Belgique quelques jours avant de passer à l'acte.

On leur reproche une série de tentative et de vols avec arme perpétrés dans l’Aude, en Haute-Garonne, dans les Pyrénées-Orientales et dans les Pyrénées-Atlantiques. Le trio belge s’attaque d’abord au McDonald’s de Montredon-des-Corbières le 30 octobre 2019. Quentin D., 24 ans (de Waremme), Aurélien N., 23 ans (de Jodoigne), et Shelina P., 20 ans (de Nassogne), y font irruption vers 23h30, sans parvenir à leurs fins. Le lendemain, jour d’Halloween, ils entrent dans une pharmacie de Muret en revêtant des masques, mais l’employée croit à une blague. Jusqu’à ce qu’ils la menacent avec une arme de poing et un couteau pour se faire remettre un peu moins de 300 euros. Deux jours plus tard, ils braquent le Carrefour Contact de Cambo-les-Bains et repartent avec 870 euros. Le 5 novembre 2019, ils s’emparent de 500 euros au Carrefour Market de Quillan. Et enfin, le lendemain, ils prennent la direction de Saint-Paul-de-Fenouillet dans les Pyrénées-Orientales pour s’attaquer à un Carrefour Market. Ils déroberont 2280 euros .

Le trio, qui avait pris l’habitude de se réfugier dans les hôtels de Catalogne après chaque braquage pour y mener la belle vie et s’adonner à la consommation de stupéfiants, est interpellé le 9 novembre 2019 à la barrière de péage du Boulou, à leur retour d’Espagne. Leur voiture, repérée lors de chaque vol, était recherchée.

Je pensais qu’on allait juste s’amuser, pas faire des braquages.

Devant la cour d’assises de l’Aude, Quentin D., apprenti boucher né à Liège, a expliqué avoir débuté à consommer du cannabis à 13 ans, comme l’explique le quotidien français L’Indépendant. Élevé en foyer, il n’a plus de contact avec sa mère depuis qu’il a 16 ans. Une mère qu’il décrit comme bipolaire ayant des problèmes d’addiction à l’alcool et aux stupéfiants.

Aurélien N., 23 ans, lui aussi né à Liège, a également été placé en foyer à son adolescence. "D’aussi loin que je me souvienne, ma mère est alcoolique et héroïnomane", a-t-il expliqué devant la cour d’assises, comme le précise L’Indépendant. Cariste de formation, et livré à lui-même dès son plus jeune âge, il a très vite commis des vols et fumé ses premiers joints. "Quentin était mon pote, on fumait quelques joints ensemble", a-t-il dit. "On vendait du cannabis tous les deux. Si on a fait ces braquages, c’est pour rembourser nos dettes auprès de nos fournisseurs de cannabis."

Quant à Shelina P., 20 ans, elle a indiqué avoir eu une relation avec Aurélien. "Je pensais qu’on allait juste s’amuser, pas faire des braquages", a-t-elle précisé, se décrivant à l’époque comme "jeune et immature". Les braquages, "ça s’est fait sur un coup de tête"

Les débats se poursuivront toute cette semaine.