Le chef de la police locale furax après le procès de l’État belge dans la fusillade de Liège: "On a procédé rapidement à tous nos devoirs"

Le chef de corps de la police locale de Liège, Christian Beaupère, a tenu à préciser ce mercredi que "sa" police "a procédé sans faille et rapidement à tous ses devoirs en respectant les procédures en vigueur" dans le cadre de la libération conditionnelle de Nordine Amrani, le tueur de la place Saint-Lambert.

Thomas Longrie
Le chef de la police locale furax après le procès de l’État belge dans la fusillade de Liège: "On a procédé rapidement à tous nos devoirs"
©BELGA

Christian Beaupère, le chef de corps de la police locale de Liège, a avalé, mercredi matin, son café de travers, après avoir pris connaissance "avec stupéfaction" des informations parues dans la presse. Lesquelles faisaient état du fait que, dans le cadre du procès au civil de l’État belge attaqué par les familles des victimes de la fusillade de la place Saint-Lambert de Liège, le SPF Justice et le SPF Intérieur réfutent la moindre faute commise dans la libération conditionnelle de Nordine Amrani. Pour les avocats de l’État belge, si une faute a été commise, il faudrait plutôt se tourner vers la police locale… qui n’a pas exécuté la demande de privation de liberté du tueur de Liège ordonnée par le parquet peu avant le drame.

Christian Beaupère, qui a souvent rencontré les familles des victimes "avec empathie et transparence", a tenu à préciser ce mercredi que "sa" police "a procédé sans faille et rapidement à tous ses devoirs en respectant les procédures en vigueur", a-t-il indiqué, avant de revenir sur la situation.

Au lendemain de l'agression sexuelle de novembre 2011 commise par Nordine Amrani, qui avait été reconnu par la victime, le ministère public ordonnait son interpellation pour une audition Salduz 4 (suspect privé de liberté). "Qu'en peut le ministère public si la police locale s'est contentée d'une convocation, en n'obéissant pas à son instruction claire?", a demandé l'avocate du SPF Justice, ce mardi. Me Clesse, pour le SPF Intérieur, a rappelé que la surveillance des condamnés incombe à la police locale.

La police disposait de 21 jours pour auditionner l’auteur et le priver de liberté le temps de son audition et informer le parquet.

Alors, que s’est-il passé? Le vendredi 2 décembre 2011, le parquet a envoyé une apostille à la police locale de Liège "pour interpellation et audition circonstanciée; privation de liberté et avis à mon office". "Cette apostille ne vaut pas mandat d’amener. Cette apostille signifie que la police dispose de 21 jours pour auditionner l’auteur et le priver de liberté le temps de son audition et informer le parquet, seul habilité à décider de mettre l’affaire à l’instruction pour éventuellement aboutir à la délivrance d’un mandat d’arrêt."

Le mardi 6 décembre 2011, la police de Liège s’est effectivement rendue au domicile du suspect "dans le respect des procédures". En effet, "en dehors du flagrant délit, dépourvu d’un mandat de perquisition ou d’un mandat d’amener, la police ne disposait d’aucun moyen coercitif pour forcer le suspect à les suivre ou même pénétrer dans son habitation s’il décidait de s’y retrancher."

L’individu était absent, une convocation pour le 13 décembre 2011 a donc été déposée, comme le veut la procédure.

"Ces précisions ne consoleront personne au regard de la douleur des victimes et de leurs familles", a précisé le chef de corps qui n’exclut pas de faire part de son étonnement aux ministres concernés après les déclarations des avocats de l’Etat belge.