Brahim Cherabi et Younis Bahou ont été entendus devant la cour d’assises de Liège

Brahim Cherabi et Younis Bahou sont accusés d’avoir commis l’assassinat de Rachid Moumen en 2018.

Belga

La cour d’assises de Liège a entamé lundi matin le procès de Brahim Cherabi et Younis Bahou, accusés d’avoir commis l’assassinat de Rachid Moumen le 6 juin 2018 à Bressoux. La famille de Rachid Moumen suivra attentivement le procès depuis le Maroc, ont indiqué les avocats liégeois qui la représentent.

Les faits reprochés à Brahim Cherabi (30 ans) et Younis Bahou (25 ans) s’étaient déroulés le 6 juin 2018 vers 17 h 28 en pleine rue dans le quartier de Bressoux (Liège). Rachid Moumen, un Liégeois âgé de 36 ans, avait été tué d’un coup de couteau porté au sternum.

Il existait un différend entre Brahim Cherabi et Rachid Moumen au sujet du prêt d’une somme de 2000 euros. Rachid Moumen devait octroyer ce prêt à Brahim Cherabi, qui l’avait refusé.

Rachid Moumen, qui aurait été insulté, avait décidé d’aller discuter avec Brahim Cherabi. À son arrivée dans la rue du Moulin à Bressoux, il avait été pris à partie par Brahim Cherabi et Younis Bahou. Il avait reçu des coups de poing, un coup de couteau dans le sternum et un jet de spray lacrymogène.

Faits filmés par une caméra de surveillance

Les faits avaient été filmés par une caméra de surveillance de la ville de Liège. Ces images avaient permis d’établir les rôles des accusés mais aussi leur fuite et des gestes de mutilations volontaires afin de faire croire qu’ils avaient été victimes de coups de couteau.

Me Delbouille et Me Wintgens défendent les intérêts de la famille de la victime lors du procès qui se déroule à Liège. " Mais la famille, qui habite Fès, s'est aussi adressée à un avocat marocain, Me Farès. Elle suivra très attentivement le procès depuis le Maroc", a indiqué Me Delbouille. Après la lecture de l'acte d'accusation, les avocats des deux accusés ont présenté leur acte de défense. Me Philippe Zevenne, avocat de Brahim Cherabi, a souligné que les faits ont été filmés et que cela constitue une chose rare. "Les versions ont varié mais chacun pourra se faire sa propre opinion sur ce qu'il s'est factuellement passé. Il faudra alors attribuer la juste qualification à des faits", a indiqué l'avocat.

L'avocat de Younis Bahou a déclaré que son client ne conteste pas les faits qui lui sont reprochés. "Il reconnaît avoir donné des coups et avoir porté une arme. Le procès permettra d'essayer de trouver la vérité, d'apporter des explications et de déterminer le rôle de chacun des protagonistes de cette affaire", a exposé Me Jean-Louis Gilissen.

Les accusés interrogés devant la cour d’assises

Brahim Cherabi et Younis Bahou contestent avoir porté le coup de couteau mortel. Brahim Cherabi affirme qu'il ne détenait pas l'arme tandis que Younis Bahou, en aveux, prétend l'inverse. Selon Brahim Cherabi, le différend qui l'opposait à Rachid Moumen était né du projet d'emprunt d'une somme de 2.000 euros. Cherabi aurait sollicité ce prêt auprès de Rachid Moumen et aurait convenu qu'il devrait être remboursé par sa famille au Maroc. Mais les parents de l'accusé, au Maroc, n'auraient pas trouvé de solution de remboursement et Brahim Cherabi aurait renoncé à ce prêt. C'est, selon lui, la raison pour laquelle Rachid Moumen, qui s'était déjà organisé pour prêter cet argent, aurait entretenu une colère et l'aurait insulté avant de lui fixer un rendez-vous à Bressoux. "Je n'avais pas prévu d'aller à Bressoux pour une bagarre. J'ai voulu aller discuter et je n'avais aucune idée de ce qui allait se passer. Mon cousin Younis Bahou était énervé. Rachid Moumen est arrivé énervé aussi. Je n'avais pas d'arme, ni de bombe lacrymogène. Je l'ai repoussé. J'avais en main mon téléphone. Je ne sais pas si Rachid Moumen a été frappé avec un couteau. C'est après que j'ai vu les mains de mon cousin avec du sang et que j'ai vu un couteau. Mais je n'ai pas tué et je n'ai pas frappé avec un couteau", a soutenu Brahim Cherabi.

Malgré les témoins et des images vidéo, Brahim Cherabi soutien qu’il n’avait pas de couteau en main. C’est par la suite, face à des gens qui le poursuivaient pour le maîtriser, qu’il se serait emparé d’un couteau pour se mutiler et faire croire qu’il avait reçu des coups de couteau.

Younis Bahou affirme pour sa part qu’il s’était rendu à Bressoux pour récupérer un colis envoyé par sa mère du Maroc. Cherabi l’aurait préalablement prévenu qu’il risquait d’y avoir une altercation avec un boxeur.

"C'est pour cette raison que je me suis muni d'une bombe au poivre. Brahim Cherabi était devant un commerce. Quand je suis arrivé, Brahim Cherabi m'a montré un couteau. Rachid Moumen est arrivé juste après moi. Ils ont échangé directement des coups de poing. J'ai vu que Moumen était plus grand et j'ai utilisé la bombe pour lui faire peur. J'étais perdu, car je n'avais aucune raison de me battre avec quelqu'un que je ne connais pas. J'ai donné un coup de poing et j'ai ramassé plusieurs coups. L'idée de se lacérer les bras pour faire croire à une agression préalable au couteau est venue de Brahim Cherabi ", a révélé Younis Bahou.

Selon Younis Bahou, la famille de Brahim Cherabi serait intervenue depuis le Maroc pour tenter d’influencer ses déclarations. Une somme de 100.000 euros lui aurait été proposée pour qu’il endosse la responsabilité des faits.

Les experts seront entendus mardi.

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