L’avocat d’Alain Mathot (PS) dénonce des thèses à chaque fois différentes: "On cherche à lui nuire" (vidéo)

Jean-Philippe Mayence, l’avocat d’Alain Mathot, a dénoncé lundi que son client était victime de thèses à chaque fois différentes de la Justice.

Thomas Longrie

Le conseil d’Alain Mathot a indiqué lundi que son client se trouvait "dans un état d’esprit combatif" au terme de son interrogatoire devant la 4e chambre bis de la cour d’appel de Liège, où il répond notamment de faits de faux, de corruption passive et de blanchiment. L’ancien député-bourgmestre de Seraing, acquitté en première instance, a de nouveau contesté les faits et évoqué une instruction réalisée contre lui exclusivement à charge dans le cadre de la construction d’un incinérateur de déchets à Herstal. Sans surprise, son avocat réclamera mercredi, au lendemain du réquisitoire de l’avocat général, l’acquittement d’Alain Mathot.

S’il est jugé sereinement, il ne pourra être condamné.

"Avec toute objectivité, si on devait apprécier les choses sereinement, je ne vois pas comment M. Mathot pourrait être condamné", a indiqué Me Jean-Philippe Mayence, à la sortie de la salle d’audience. "La seule question qui nous inquiète, et qui m’inquiète personnellement, c’est le fait d’être certain d’être jugé sans influence extérieure. Et c’est toujours difficile, puisqu’on sait qu’on est à Liège et que M. Mathot ne laisse pas indifférent, que ce soit d’une manière ou d’autre autre. J’ai confiance en les magistrats qui vont connaître de ce dossier, mais j’ose espérer qu’il n’y aura aucune influence, notamment à caractère politique. C’est délicat d’être jugé à Liège, j’ai essayé qu’on n’y soit pas jugé..."

Et l’avocat d’ajouter que M. Mathot vit une période extrêmement compliquée et difficile depuis quinze ans. "Pour n’importe qui, les choses seraient prescrites. Aujourd’hui, elles ne le sont pas, uniquement parce qu’il y a une loi qui dit que pendant le temps de la levée d’immunité, il y a une suspension de la prescription... Mais c’est quinze ans d’enfer pour M. Mathot. Il vit avec ces accusations calomnieuses."

On essaie, à chaque fois, de redonner une nouvelle histoire pour essayer de trouver une explication et obtenir la condamnation de M. Mathot.

Avant de le défendre, Jean-Philippe Mayence ne connaissait pas Alain Mathot, dit-il. "Et je vois cela avec beaucoup d’objectivité. Ce qui me gêne, c’est qu’on a changé systématiquement le système d’accusation à chaque audience. (...) Aujourd’hui, on a encore une thèse différente décrite dans les conclusions écrites du ministère public. Finalement, on essaie chaque fois de redonner une nouvelle histoire pour essayer de trouver une explication et obtenir la condamnation de M. Mathot. Or, ce n’est pas comme ça qu’est la justice! S’il y a des éléments, ils sont toujours les mêmes et on ne peut pas les interpréter chaque fois de manière différente pour aboutir avec un jeu particulier: celui de demander la condamnation de M. Mathot envers et contre lui. Il a l’impression – et c’est vrai - qu’on a cherché à lui nuire. On combattra jusqu’au bout."

Ce mercredi, la défense devrait donc, à nouveau, décrédibiliser Philippe Leroy, l’ancien patron du groupe Innova, qui a construit l’incinérateur à ordures, et qui affirme qu’il a remis trois quarts de millions à l’ex député bourgmestre sérésien.