Élections: Vert Ardent fait face à de nouvelles dissensions

Le mouvement Vert Ardent rassemblait Écolo, le Mouvement Demain, le Parti Pirate et des citoyens en vue des élections communales d’octobre. Mais le Parti Pirate suspend son soutien et quelques membres actifs ont décidé de claquer la porte.

Benjamin Hermann
Élections: Vert Ardent fait face à de nouvelles dissensions
Des quatre personnalités ayant présenté le mouvement Vert Ardent à la presse en janvier, seuls Pierre Eyben et Caroline Saal, à gauche, y figurent toujours. Assia Kara et Pascal Verhasselt ont tourné les talons. ©ÉdA Hermann

Issu du mouvement écocitoyen liégeois, Vert Ardent officialisait sa présence sur les listes électorales d’octobre, en janvier dernier. Le Mouvement regroupait alors les écologistes liégeois, les Pirates de Liège, le mouvement Demain et d’autres citoyens souhaitant s’impliquer.

Tous les protagonistes affirmaient que Vert Ardent allait faire de la politique autrement, sur le plan du processus démocratique en interne, notamment. Les ambitions étaient affichées: si le mouvement se présente aux élections, ce n’est pas pour faire de la figuration, mais bien dans l’optique de présider à la gestion de la Ville de Liège.

Le scénario, aussi séduisant soit-il, ne se déroule cependant pas tout à fait comme prévu. D’aucuns, y compris au sein de la famille écologiste, ont d’emblée estimé que la locale liégeoise Écolo se tirait une balle dans le pied en se fondant dans un tel mouvement, alors que le scrutin électoral 2018 aurait peut-être représenté une opportunité unique de monter dans une majorité. Écolo avait un coup à jouer, en d’autres termes.

Des tensions à l’intérieur de Vert Ardent son ensuite apparues. L’assemblée générale du 4 mars a fait naître quelques dissensions, avec notamment le départ de Pascal Verhasselt, un des fers de lance du mouvement.

Les Pirates de Liège ont ensuite annoncé, voici quelques jours, qu’ils suspendent leur soutien à Vert Ardent, ainsi que le relève SudPresse ce mercredi. En filigrane, on devine un certain agacement face à la volonté d’Écolo d’avoir la main.

«Ce que je souhaite aujourd’hui à Vert Ardent, ce n’est pas de gagner les élections: une victoire politique n’aura aucune valeur si elle est obtenue par des moyens discutables démocratiquement. Je souhaite avant tout à Vert Ardent et à ses membres de tirer des leçons de la «crise» que nous venons de traverser et de mettre tout en œuvre pour atteindre l’objectif de départ: faire de la politique autrement», écrivait il y a quelques jours Assia Kara, membre du Parti Pirate, qui a décidé de s’en aller du mouvement.

«L’insistance, voire l’agressivité dans les commentaires de membres d’Écolo dans leurs nombreux rappels qu’“Écolo est à la base du mouvement”, “Écolo finance”, “Écolo prend des risques” et ce sans jamais reconnaître le risque pris par chaque citoyen qui décide de s’engager politiquement», écrivent sans détour les Pirates de Liège sur le site.

Reste à savoir si Vert Ardent et en particulier ses membres écolos parviendront à se rabibocher avec les réfractaires. Reste aussi à savoir le mouvement et ceux qui y sont toujours actifs en auront l’intention, dans la perspective du prochain scrutin et des négociations qui pourraient s’ensuivre en vue de la formation d’une majorité.