Place Cockerill: les partis politiques critiquent à leur tour le projet

Après les commerçants, des riverains, des professeurs d’université et des associations, les partis politiques critiquent eux aussi le projet de réaménagement de la place. Même le MR, qui n’est pourtant pas opposé au parking souterrain.

Place Cockerill: les partis politiques critiquent à leur tour le projet
7f5f5222-150b-11e5-814a-fc771e69b848_web_scale_0.8251749_0.8251749__.jpg ©D.R.

La mobilisation orchestrée par la plateforme Place Cockerill, qui s’oppose au projet de réaménagement de cette place, se fait de plus en plus retentissante. Parce qu’elle a déjà récolté plus de 1000 signatures de protestation, que des personnalités académiques rejoignent son argumentaire, que le Commerce liégeois et d’autres associations liégeoises la soutiennent.

À présent, ce sont les partis politiques qui rejoignent de plus en plus ouvertement le mouvement d’opposition. Chaque parti d’opposition au conseil communal de Liège, à vrai dire, s’est prononcé à sa manière contre le projet soumis à enquête publique, pour rappel, en cette seconde quinzaine de juin.

La plateforme Place Cockerill reproche à l’auteur de projet et à la Ville de n’accorder que trop peu d’importance à la mobilité douce, d’avoir conçu des voies d’accès au parking souterrain (de 5 niveaux) trop envahissantes, de réduire fortement la facilité d’accès à la Passerelle Saucy, de ne pas instaurer un climat de convivialité et, sur la procédure, de ne pas avoir organisé un concours d’architecture, pour un projet aussi important au centre-ville.

Vega, Ecolo, PTB...

Le conseiller communal Vega François Schreuer a d’ores et déjà interpellé la majorité à ce sujet, s’interrogeant notamment sur les procédures: pourquoi ne pas avoir réalisé une étude d’incidences? Pourquoi une enquête publique de 15 jours uniquement?

Depuis les prémices de ce projet, Écolo s’est opposé à la construction d’un nouveau parking en ouvrage au centre-ville, considérant que l’offre est suffisante en la matière. Les verts dénoncent particulièrement les choix posés en matière de mobilité douce, qui ne favoriseraient pas du tout l’usage du vélo (Liège étant pourtant ville pilote dans le cadre du plan Wallonie Cyclable).

Le PTB a indiqué qu’il soutenait la contestation menée par la plateforme Place Cockerill. «Liège n’a pas besoin de 400 places de parking supplémentaires», considère le parti de gauche. Le PTB exprime également des craintes pour la préservation du tissu socio-économique existant sur la place Cockerill et aux alentours. «Les commerçants qui s’y sont installés ont construit une spécificité et une convivialité en lien avec la présence de l’université. «Cela doit être préservé au risque de voir naître une 2e place Saint-Lambert avec des commerces formatés et les multinationales du fast-food et de l’habillement», considère la conseillère communale Sophie Lecron.

... et maintenant le MR

Ce lundi, même le MR a fait savoir par voie de communiqué qu’il s’oppose au projet tel qu’il est présenté. Les libéraux se sont pourtant toujours positionnés en faveur de la création d’un nouveau parking souterrain à cet endroit. «L’emprise de trémies d’accès au parking et des voiries de surface sur l’espace public est démesurée et s’apparente à une véritable autoroute urbaine», dénonce le conseiller communal Gilles Foret, abondant de la sorte dans le sens de la plateforme Place Cockerill.

«La place faite aux piétons, aux vélos, aux PMR et aux bus a été négligée, tout comme les espaces verts initialement prévus. Aucune piste n’est envisagée pour les vélos: pour une ville pilote en matière de politique cyclable, c’est un comble!», peste-t-il.

Le MR demande donc à l’auteur de projet (le consortium Galiliège) et à la majorité PS-cdH de revoir le projet, entre autres pour éviter de briser l’axe Saint-Lambert/Outremeuse qu’offre la Passerelle actuellement.

Les conseillers MR Christine Defraigne et Gilles Foret s’inspirent par ailleurs du Maasboulevard de Maastricht pour proposer un enfouissement des voiries du Quai-sur-Meuse à moyen ou à long terme.

L’enquête publique relative au projet de réaménagement de la place Cockerill s’achève ce 30 juin. Elle aura à coup sûr récolté un nombre assez important de réclamations qui – ainsi que l’espèrent les protestataires – pourraient conduire à des modifications du projet.

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