"Jean la Glace" battu à mort à St-Nicolas: 32 coups lui ont été portés

Six ans après le meurtre de l’ancien glacier ambulant Jean Driesmans (80 ans) à son domicile de Saint-Nicolas, le procès de deux de ses bourreaux présumés a débuté ce lundi devant la cour d’assises de Liège.

Thomas Longrie
"Jean la Glace" battu à mort à St-Nicolas: 32 coups lui ont été portés
Inquiète de ne pas avoir des nouvelles de son ami qu’on surnommait «Jean la Glace» depuis le 23 février 2016, une voisine s’était rendue sur place quatre jours plus tard et avait découvert le corps sans vie de Jean Driesmans. ©D.R.

Six ans après le meurtre de Jean Driesmans (80 ans), dont le corps sans vie avait été découvert dans une mare de sang à son domicile de Saint-Nicolas, en région liégeoise, seuls deux de ses cinq agresseurs présumés se retrouvent devant la cour d'assises de Liège. Les trois autres ont déjà été jugés par la justice des mineurs.

Inquiète de ne pas avoir des nouvelles de son ami qu’on surnommait "Jean la Glace" depuis le 23 février 2016, une voisine s’était rendue sur place quatre jours plus tard et avait découvert le corps sans vie de Jean Driesmans. L’ancien glacier ambulant avait été tué et dépouillé d’une somme de 1.600 euros, de bijoux et d’un GSM.

Lucas Pianta (24 ans, de Herstal) et K. (23 ans, mineur au moment des faits) sont les seuls à répondre de ces faits devant la cour d’assises. Comme l’a expliqué lundi matin l’avocat général Romain Jadin lors de la lecture de l’acte d’accusation, les trois autres agresseurs ont fait l’objet d’une procédure devant le tribunal de la jeunesse. Il s’agit d’une mineure de plus de 16 ans et de deux mineurs de moins de 16 ans. Ces trois personnes seront entendues en qualité de témoins lors du procès.

L’attaque avait été conseillée par une jeune fille qui connaissait Jean Driesmans et qui était sûre de trouver de l’argent chez lui. Cette agression avait été réalisée par les cinq jeunes. Il avait été prévu de ligoter la victime. Mais Jean Driesmans avait été frappé à de nombreuses reprises de coups de poing, de pied, de tabouret et de manche de brosse. Le médecin légiste a relevé 32 coups portés sur l’ensemble du corps de la victime, dont 10 importants portés au niveau du crâne et du visage. Les agresseurs avaient ensuite emporté de l’argent, des bijoux et un GSM avant de se partager le butin. Le décès de la victime a été causé par une importante perte de sang et par une asphyxie par inhalation.

On va le juger comme un adulte qu’il n’était pas au moment des faits.

Après la lecture de l’acte d’accusation, les avocats de la défense ont présenté les grandes lignes de leur stratégie de défense. Le conseil de K., Me Maxim Töller, a précisé qu’il n’existe pas de doute sur la culpabilité de son client. "Il avait 16 ans. Un âge où on n’a pas le droit de conduire, ni de voter. Un âge où on est immature", a-t-il indiqué. "Mais on va le juger comme un adulte qu’il n’était pas au moment des faits. Les deux accusés sont des êtres humains, des citoyens comme vous et moi."

L’avocat de Lucas Pianta, Me Reynders, a souligné que son client était le seul majeur dans la bande des cinq auteurs des faits. Il comparaît non détenu. "Au moment des faits, il était jeune majeur. Il avait 18 ans et trois mois à l’époque. Mon client est le seul qui a connu la prison. Il n’a plus connu le moindre fait délictueux depuis. Il n’a plus rien à voir avec celui qu’il était en 2016", a précisé l’avocat. "Depuis six ans, il a sa vie en suspension dans l’attente de ce procès. Et il n’est en rien responsable de la durée de la procédure." Me Reynders a ajouté que son client est coupable d’avoir commis un vol, "mais je peux vous affirmer qu’il n’a pas porté le moindre coup". "Il n’y a eu aucun contact physique entre mon client et la victime."