Alain Mathot (PS) se dit "serein" avant son procès pour des soupçons de corruption

"Bien sûr que je suis serein." L’ancien député-bourgmestre de Seraing, Alain Mathot (PS), comparaît devant ses juges de la cour d’appel de Liège dans le cadre du dossier Intradel pour lequel il avait été acquitté, le 25 février dernier, en première instance.

Thomas Longrie
Alain Mathot (PS) se dit "serein" avant son procès pour des soupçons de corruption
Il est arrivé ce lundi matin accompagné de son fils de 22 ans. ©Eda Thomas LONGRIE

Thomas LONGRIE

"Pas de commentaire." Il ne dira rien d’autre à son arrivée au Palais de justice ce lundi matin, vers 8h20. Vêtu d’une chemise blanche, d’un débardeur noir sur une veste noire, l’ancien député-bourgmestre de Seraing, Alain Mathot, cheveux noirs mi-longs, nous confiera simplement être serein, "et je suis né à Seraing", dira-t-il en guise de boutade. Un autre commentaire? "Cela fait quinze ans que je me prive" de dire quelque chose, "je ne vais pas commencer maintenant".

La Justice n’a donc pas encore dit son dernier mot dans l’affaire Intradel-Uvelia. Un nom qui ne doit pas être inconnu du grand public. Car pendant plus de 13 ans, Alain Mathot a été au cœur d’une enquête judiciaire avant d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Liège pour des préventions de faits de corruption passive, de faux, de blanchiment, d’abus de biens sociaux et d’infractions aux enchères publiques. L’ex-député-bourgmestre de Seraing était suspecté d’avoir commis ces faits dans le cadre de la construction de l’incinérateur de déchets Uvelia à Herstal. Une véritable tempête politique, médiatique et judiciaire qui avait abouti par un jugement en première instance. Le 25 février dernier, le socialiste bénéficiait d’une suspension du prononcé pour une fraude fiscale, mais la corruption, le blanchiment, les faux en écriture et l’abus de biens sociaux avaient été écartés.

À l’analyse approfondie du dossier, le tribunal n’avait relevé aucun élément permettant de retenir que l’ex-député-bourgmestre de Seraing aurait reçu des fonds de Philippe Leroy, son principal accusateur. Alain Mathot avait, par contre, été reconnu coupable d’une fraude fiscale pour le non-paiement de 4.800 euros de TVA dans le cadre de travaux de rénovation de sa maison. Il avait bénéficié d’une suspension du prononcé pour une durée de 3 ans. Sauf que le parquet ayant interjeté appel du jugement, Alain Mathot doit, à nouveau, répondre des mêmes préventions, cette fois-ci devant la cour d’appel. Alors, Alain Mathot sera-t-il bientôt de retour en politique? Tout dépendra de l’arrêt, puis de son parti.

La cour d’appel a débuté lundi matin par l’examen du dossier par la déclinaison de l’identité d’Alain Mathot. L’audience se tient exceptionnellement ce lundi dans la salle de la cour d’assises. Alain Mathot n’a pas souhaité être photographié ou filmé dans la salle d’audience.