Néblon : la soirée festive tourne au drame à l'auberge du Cobaye

En 1938, sans raison aucune, dans cette belle région condrusienne, à Néblon, un père se dispute avec sa fille et lui tire dessus.

Thierry DELGAUDINNE

À trois kilomètres de Hamoir et à deux lieues d'Ocquier, le long de la grand-route qui relie ces deux localités, on trouve une agglomération d'une vingtaine d'habitations. C'est Néblon le Pierreux, pittoresque à souhait, blotti dans une clairière au coeur d'une petite forêt. Le Néblon, joli ruisseau la traverse.

Bien souvent des touristes s'y arrêtent, séduits parce que ce lieu a de calme, de reposant. Le nom du hameau, souvent, ils l'ignorent.

En 1938, à l'entrée de ce hameau de la commune d'Ouffet, à vingt mètres de l'auberge du Beau-Séjour, se trouvait une maison portant le numéro 428. Une haie vivace cachait la terrasse séparant l'habitation de la route, et où se trouvaient quelques chaises et une table.

De construction ancienne, la demeure a été aménagée en une villa qui porte le nom d'Auberge du Cobaye. Une loggia surplombée d'un petit balcon, le tout peint en blanc, quelques couleurs vives, le toit bas de tuiles rouges, c'est sans doute des éléments qui lui ont fait décerner le titre de villa.

Il sort son revolver et tire

Voilà, le décor est planté, car c'est là que s'est déroulé un drame le 26 mai 1938. René, ancien industriel, très connu dans la région liégeoise, s'était définitivement fixé dans cette maison de campagne qui était sa propriété. On disait ses affaires industrielles, peu florissantes. Sa fille, 22 ans, avait pris la succession de son père à la tête de l'usine.

Ce jeudi 26 mai 1938, en soirée, après une partie de carte à la terrasse, René, Jeanne son épouse, sa fille et le fiancé de celle-ci, rentrèrent dans la cuisine.

Vers 20 h, arriva un ami de la famille, Louis Dheur, industriel à Herstal. La voisine, l'épouse de Joseph Poty, prépara un joyeux souper. Tous fêtèrent le premier prix de tir au pigeon qu'avait remporté l'industriel de Herstal.

Vers 23 h, alors que plusieurs bouteilles avaient été vidées, la jeune fille, son fiancé et monsieur Dheur se levèrent pour prendre congé et rentrer à Liège. Mais avant de partir, la fille de René demanda qu'on lui serve une tasse de café.

Au moment où elle se rasseyait, le père tira la chaise, faisant choir sa fille sur le sol, puis lança alors un coup de pied. Celle-ci se releva précipitamment et un pugilat général s'en suivit, au cours de laquelle la vaisselle vola en éclats.

Soudain, le père surexcité sortit un revolver F.N.6/35 de sa poche et tira sur sa fille qui se trouvait à ce moment sur la terrasse, l'atteignant dans le haut du dos.



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