Assises de Liège: Pascal Vandyck change sa version des faits et charge son frère décédé

Interrogé sur le meurtre de Hiên Ngô Tiêng, avec lequel il avait préalablement nié tout lien, Pascal Vandyck a radicalement changé de version lundi devant la cour d'assises de Liège. Selon lui, c'est son frère, décédé d'une cirrhose en 2021, qui aurait porté le coup de couteau fatal à l'octogénaire.

Belga
The accused Pascal Vandyck pictured during the jury constitution session at the assizes trial of Pascal Vandyck before the Assizes Court of Liege Province in Liege, Wednesday 11 January 2023. Vandyck is accused of murdering the 88-year-old Hien Ngo Tieng in July 2020 in Esneux. BELGA PHOTO ERIC LALMAND
Le Liégeois de 51 ans doit répondre de meurtre pour faciliter le vol sur une dame de 88 ans, tuée d'un coup de couteau à la gorge en juillet 2020.

Alors que le président de la cour l'interrogeait sur ses condamnations passées et sur sa vie marquée par de nombreuses peines de prison, l'accusé s'est montré plutôt mutique répondant par "oui" ou par "non" ou par des phrases sibyllines. Il a confirmé avoir eu un parcours fait de vols, dès l'âge de 13 ans, et de toxicomanie, notamment avec de l'héroïne à partir de 15-16 ans et dont il ne sortira jamais vraiment.

C'est lorsque les questions se sont orientées sur les faits qui lui sont reprochés que l'accusé s'est montré plus bavard. "La voiture je l'ai prise chez madame Ngô Tiêng le 16 juillet 2020 en soirée", a-t-il reconnu, contredisant sa précédente version. "On était venus commettre un cambriolage avec mon frère. On s'est présenté a son domicile vers 21h00-22h00 et on a sonné pour voir s'il y avait quelqu'un. Elle est venue ouvrir la porte et on lui a dit de rester tranquille, elle s'est installée dans le canapé, mon frère est resté avec elle et je suis parti fouiller la maison. Quand je suis revenu je l'ai vue couchée dans le fauteuil avec le couteau dans la gorge. Mon frère m'a dit 'elle a essayé de s'enfuir et j'ai paniqué', moi je n'ai rien entendu", a raconté Pascal Vandyck.

Alors que le président lui faisait remarquer que son ADN avait été retrouvé sur l'arme du crime, l'homme affirme que c'était bien son couteau mais qu'il l'avait prêté a son frère lorsqu'il avait été le chercher en vue de commettre le cambriolage.

"Je ne voulais pas dénoncer mon frère mais maintenant qu'il est mort je n'ai plus de raison (de le couvrir, NDLR)", a expliqué l'accusé après avoir été questionné sur ce revirement. "Je ne voulais pas que mon frère aille en prison. J'ai dit 'tu n'as qu'à dire que c'est moi, tu m'enfonces'".

"Puisqu'il était convenu que votre frère vous accable, pourquoi ne pas avoir reconnu les faits ?", a demandé Me Wilmotte, l'un des avocats des parties civiles. "Vous dites avoir sonné pour voir s'il y avait quelqu'un, mais quand vous avez vu que c'était le cas, pourquoi ne pas avoir fait marche arrière ?", a-t-il également questionné. Deux interrogations auxquelles l'accusé s'est contenté de répondre "je ne sais pas".

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