Près de 2 000 manifestants contre l’extension de Liege Airport

Venus de l’aéroport, de la Chartreuse et de la S t-Lambert, ils se sont rassemblés à la gare.

Marc Bechet
Belga
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Ils sont partis de l’aéroport lui-même, ce dimanche 25 septembre, sur le coup de 14 heures mais également de la place Saint-Lambert ou encore de la ZAD (zone à défendre) de la Chartreuse, pour rejoindre l’esplanade de la gare des Guillemins, tout en criant « Alibaba on n’en veut pas ».

Sur le coup de 16 heures, près de 2 000 manifestants avaient dès lors convergé sur la place liégeoise afin de faire entendre leurs voix, contre le renouvellement du permis de l’aéroport de Liège.

La grande manifestation contre Liege Airport s’est en effet déroulée sans encombre et, comme nous le confiait Cédric Leterme, porte-parole de Stop Alibaba&co, "c’est une réussite".

Il faut dire que les militants anti-aéroport avaient battu le rappel ces derniers jours et pas moins de 95 associations avaient annoncé se joindre à la manifestation, dont le parti Écolo à qui on avait demandé de se faire discret en queue de peloton, histoire de ne pas politiser la démarche.

De politique, il en est toutefois question dans ce dossier puisque, comme l’indiquait Cédric Leterme, "le dossier est désormais sur la table du Gouvernement wallon". C’est dès lors aussi à cette autorité politique que les messages du jour s’adressaient.

50 000 mouvements

Pour rappel, le renouvellement du permis d’exploitation de l’aéroport arrivait à échéance et c’est pour une durée de 20 ans que, le Fonctionnaire technique a octroyé, le 26 août dernier, le permis… un avis positif toutefois largement conditionné puisqu’une limitation du nombre de mouvements par an (50 000) a été fixée, tout comme des quotas sonores plus stricts.

Mais si l’aéroport lui-même a déposé un recours, jugeant ces conditions fortement "pénalisantes", les manifestants du jour ont pris quant à eux le contre-pied, exigeant d’avantage de garde-fous face face à l’extension de l’aéroport.

"Nos revendications sont les mêmes depuis trois ans", expliquait ce dimanche après-midi, à la tribune, Cédric Leterme, "nous voulons tout d’abord une étude d’incidences globale ainsi qu’une étude sur de réelles atlernatives. Nous souhaitons aussi un moratoire sur le développement de l’aéroport et enfin un débat démocratique sur ce dossier, avec tous les Wallons".

Regret maintes fois évoqué par les associations militantes : "l’absence de prise en compte des enjeux climatiques dans le débat sur le développement de l’aéroport. Nous sommes désormais à un moment critique car le Gouvernement wallon va devoir se positionner et c’est donc maintenant qu’il faut mettre la pression".

Un autre modèle de société

Une manifestation pour s’opposer coûte que coûte à l’activité aéroportuaire ? "Non, nous sommes conscients du fait que cela représente de l’emploi ; nous ne demandons pas une fermeture mais nous exigeons une réflexion pour un autre type économie".

Un discours que partageait pleinement une autre oratrice du jour, une certaine Adélaïde Charlier, figure de proue du mouvement des jeunes pour le climat. "En effet, devant la rise sociale, énergétique, climatique, à l’heure où on nous parle de sobriété, nous n’avons certainement pas besoin de plus de vols qui acheminent des objets poussant notre société à la surconsommation", indiquait la militante. "Des emplois durables pour une planète respirable", "Balance ton aéroporc", "Trop d’aérien tue le terrien"… autant de slogans qu’on pouvait observer et entendre ce dimanche et qui faisaient mouche dans l’assemblée.

Dans ce dossier polémique ou les enjeux liés à l’emploi semblent plus que jamais s’opposer aux enjeux climatiques, la tâche du Gouvernement wallon s’annonce très délicate. Verdict dans les prochaines semaines…