Autistes inquiets pour l’avenir…

Près du CHU, des personnes autistes ont revendiqué l’accès au diagnostic.

Jessica Defgnée
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Quand il est question d’autisme, dans l’imaginaire collectif, on pense à Rain man et Forrest Gump, joués par Dustin Hoffman et Tom Hanks dans les films éponymes ou on s’imagine une personne aux comportements répétitifs et incapable de regarder une autre personne dans les yeux… Or, c’est une vision trop restreinte sachant que le trouble du spectre de l’autisme peut se manifester de diverses manières.

Alors, pour exprimer leurs craintes et défendre leurs droits face à la décision de stopper les diagnostics du trouble du spectre de l’autisme au-delà de 21 ans par le Centre de Ressources Autisme de Liège (CRAL), seul centre reconnu et disposant d’une équipe pluridisciplinaire en Wallonie pour la détection de l’autisme chez l’adulte sans déficience intellectuelle, plusieurs personnes autistes se sont rassemblées ce jeudi au rond-point Marcel Florkin menant au CHU du Sart-Tilman. Il s’agissait d’une première manifestation impliquant des personnes autistes, chapeautée par trois organismes défendant des personnes à besoins spécifiques (plateforme citoyenne Dialogue Unicité-Diversité, ASBL Atypical Intelligences et ASBL Autisme-en-action).

Trois structures qui affirment que la demande de personnes en souffrance et en recherche de réponses est forte et que beaucoup sont en dépression et burn-out, ne se sentant pas comprises ou exclues…

Soulagement

De manière silencieuse, exprimant ainsi le fait d’être réduits au silence, ils ont manifesté leur mécontentement et leurs craintes en affichant divers messages sur des banderoles et cartons. Parmi les manifestants, plusieurs personnes ayant été diagnostiquées ont confié se sentir nettement mieux depuis qu’il leur est possible de mettre des mots sur le mal-être ressenti durant tant d’années… Comme ce jeune de 17 ans, diagnostiqué il y a quelques mois, qui ne s’est jamais senti à sa place à l’école… " Je me sens soulagé, j’ai l’impression d’être quelqu’un de vrai", a-t-il confié. Ou comme ces deux dames diagnostiquées à l’âge adulte qui ont toujours ressenti un certain blocage ou décalage vis-à-vis des autres… Elles se comprennent et s’acceptent mieux désormais!

C’est le besoin pour une personne autiste de rencontrer des pairs pour partager leur vécu, leurs expériences et ainsi s’entraider qui a poussé Grégory Robert à créer, avec quelques autres personnes autistes, une association à Liège: Autistes associé.es. Une première rencontre destinée à présenter les objectifs de l’ASBL est organisée ce dimanche (14 h), au CRIE à Liège.