Assises Liège: selon les filles de la victime, "Laurent Silien est immature, un menteur et un manipulateur"

Le Neupréen répond devant la cour d'Assises du meurtre de sa compagne

Belga
Assises Liège: selon les filles de la victime, "Laurent Silien est immature, un menteur et un manipulateur"

Les filles de la victime ont été entendues jeudi matin lors du procès à la cour d'assises de Liège de Laurent Silien, un Liégeois de 38 ans accusé de vol avec circonstance aggravante de meurtre sur sa compagne. L'une des filles a décrit l'accusé comme un menteur, un manipulateur et quelqu'un d'immature. Dans la soirée du 3 juillet 2019, Laurent Silien a frappé à plusieurs reprises Karine Iskounene, âgée de 56 ans, avec une batte de baseball dans le logement qu'elle occupait, situé rue des Bouvreuils à Neupré. Après avoir nié les faits dans un premier temps, il est interpellé quelques mois plus tard et avoue son acte. Placé sous mandat d'arrêt, il est depuis à la prison de Lantin.

"Vous n'imaginez pas tout ce que je donnerais pour la serrer dans mes bras et lui dire que je la pardonne", a débuté Mégane, la fille aînée de Karine Iskounene, jeudi.

Les deux filles décrivent leur mère en disant qu'elle faisait de son mieux pour qu'elles ne manquent de rien. Elle était fière d'avoir sa propre famille. "Ma maman était ma confidente, ma meilleure amie. Elle était toujours là pour donner de bons conseils et pour nous pousser vers le haut," a raconté Mallaury, la sœur cadette.

Lorsque leur mère s'est mise en couple avec Laurent Silien, la fille aînée a eu difficile à l'accepter. "Pour être honnête, j'étais contre sa relation avec monsieur Silien. Cela me dérangeait, car il était très jeune, mais si elle était heureuse, c'était le principal. Le courant n'est jamais passé avec lui. J'avais honte, j'étais gênée et je n'ai jamais bien vécu cette situation. Je pense sincèrement qu'elle a perdu onze ans de sa vie."

Mégane le décrit d'ailleurs comme quelqu'un "d'immature, de menteur et de manipulateur." Sa sœur cadette a réussi à avoir un contact plus facile avec l'accusé. "J'ai eu des bons moments avec Laurent Silien au tout début de la relation. Je m'étais dit qu'il était fort jeune, mais cela ne m'avait pas choqué. On était gêné quand il venait nous chercher à l'école, car on nous demandait si c'était notre petit copain ou notre frère," a rapporté Mallaury.

Un litige était survenu entre la mère et ses deux filles concernant un héritage de 200.000 euros destiné aux filles et qui avait été utilisé par la mère. Les deux jeunes filles ont intenté une action en justice contre leur mère quelques mois avant les faits pour récupérer leur dû, mais elles voulaient arranger les choses. "Nous avions un rendez-vous en juillet avec un avocat, car nous ne supportions plus cette mésentente avec notre mère," a annoncé la fille aînée.

Elles ont aussi évoqué plusieurs altercations avec Laurent Silien. Un jour, au domicile de Neupré, une dispute a éclaté. "Il m'a attrapé violemment et m'a jeté en dehors de la pièce. J'ai pris mes affaires et je suis partie," a décrit Mallaury. Une autre fois, à une guinguette à Aywaille, Laurent Silien a regardé les deux sœurs à distance en leur faisant un signe de menace de mort avec le pouce sous la gorge. Elles ont demandé des explications à leur mère et une nouvelle dispute s'est produite. En décembre 2018, les filles de la victime avaient remarqué, sur le marché de Noël, que l'accusé avait empoigné "de manière très violente" Karine Iskounene. "Cette scène m'avait fortement choquée," a relaté la fille aînée.

Elles se sont toutes les deux exprimées sur le jour du drame ". Cette vérité m'a été imposée de manière très brutale, d’autant plus que la semaine qui a précédé son meurtre, nous nous sommes parlées et enlacées dans les bras. Il nous a privées de notre maman à tout jamais. La date du 3 juillet restera à jamais la déchirure de ma vie", a expliqué, en larmes, Mallaury. "Je suis ici avec de la haine, le 3 juillet 2019 restera à jamais le pire jour de ma vie, ce jour où maman a été tuée par ce monstre. Maman ne sera plus jamais là pour voir mes futurs enfants et assister au mariage de ma sœur et du mien", a regretté Mégane.

D'autres témoins proches de la famille ont été également interrogés jeudi matin et ont appuyé le fait que l'accusé était immature.

Laurent Silien est accusé de vol avec circonstance aggravante de meurtre sur sa compagne et est défendu par Me François Wintgens et Me Paul Delbouille. Le substitut Fabienne Bernard siège au poste du ministère public. Les intérêts des familles de la victime sont défendus par Me Molders-Pierre, Me Gorlé et Me Töller. Les débats ont débuté lundi et le procès présidé par Michel Charpentier devrait durer une dizaine de jours.