Un album studio en public et en une prise: le pari un peu fou du groupe liégeois YEW

Enregistrer un album studio, en public et en une seule prise, c’est le défi du groupe folk rock liégeois YEW.

Audrey Verbist
Un album studio en public et en une prise: le pari un peu fou du groupe liégeois YEW
Les sept gars de YEW sont «super chauds et un peu anxieux» à l’approche de l’enregistrement. ©©Gaëtan Streel

Enregistrer un album studio en une seule prise et en public? L'idée n'est pas née dans les fonds de verres d'une longue soirée trop arrosée. Même pas. «On s'est rendu compte qu'on n'arrivait jamais à insuffler l'énergie du live en studio et ça générait une certaine frustration, assure Jérôme Magnée chanteur/guitariste de YEW. C'est une idée qu'on avait depuis longtemps, mais on n'avait pas forcément les moyens, ni les compétences techniques, ni l'entourage…»

Mais avec le temps, l’expérience dans leurs différents groupes respectifs (Dan San, Gaëtan Streel, La Horde, des projets au théâtre…), les sept membres de YEW ont décidé que ce 3e album serait le bon.

Le principe: dimanche 13 août, le groupe réunira une cinquantaine de personnes dans un studio avec l’ambition de réaliser une seule prise de leurs nouvelles chansons afin d’en faire un album. Deux sessions seront organisées pour en faire profiter plus de monde et pour tourner plus d’images, puisque l’expérience sera aussi un film.

L'objectif est multiple: retrouver l'énergie de la scène, donc, mais aussi faire découvrir la réalité d'un enregistrement studio « qu'on sacralise souvent» et faire participer le public: «on a prévu quelques surprises», prévient Jérôme Magnée.

Et tant pis s'il y a de petites erreurs, l'idée n'est pas de les recorriger en postproduction: «C'est vraiment une photographie musicale. Et une photo n'est pas toujours parfaite. Dans le passé, on s'est un peu perdus dans l'enregistrement de dizaines de pistes de chaque instrument, on n'a plus envie de ça.» En amont, il y aura bien sûr une grosse préparation: les musiciens vont répéter en studio toute la semaine.

Huit morceaux qui tiennent sur un vinyle

Bam bam bam était d'abord un titre provisoire, et «plus on avance, plus il devient définitif»: «Il traduit bien l'esprit de ce projet où il n'y a pas trop de respiration On va enregistrer, filmer et mixer le tout en deux semaines, on fonce tête baissée, on verra après.» Musicalement, il y a aura du changement, annonce le guitariste: les huit (longs) morceaux seront plus posés que les productions précédentes.

Le groupe, qui travaille en autoproduction depuis le début, a lancé un crowdfundingqui se terminera ce mardi. Le moyen d'obtenir un ticket pour le studio.

«Un groupe de jazz new-yorkais, Snarky Puppy pour ne pas les citer, a tenté l'expérience il y a quelques années sur leur album We Like It Here et le résultat est assez époustouflant», se réjouit le groupe.

www.yew.be