Un nouvel album pour Sondron: «L’humour ne guérit pas, mais permet d’avancer»

«Tous piqués», la sélection des dessins de Sondron est sortie ce jeudi. Un album spécial «année de merde».

Interview : Frédéric Renson
Un nouvel album pour Sondron: «L’humour ne guérit pas, mais permet d’avancer»
Avec «Tous piqués», Jacques Sondron sort son 11e recueil de dessins de presse. ©Heymans

Dessinateur attitré de L'Avenir, le Wanzois Jacques Sondron sort Tous piqués, son 11e recueil de près de 200 dessins «impertinents» pour couvrir l'actualité d'août 2020 à août 2021. Entretien.

Jacques Sondron, vous sortiez «Confinés!» en 2020. Vous attendiez-vous à, à nouveau, devoir titrer sur la crise sanitaire un an plus tard?

J’espérais que non. Mais, je me doutais qu’il y aurait encore du virus dans l’air.

Du coup, le Covid apparaît comme un fil rouge au fil de ce nouvel album entre la vaccination, le testing, le Codeco, les manifestations, le masque, le corona pass…

Effectivement. En fait, même quand je traite un autre sujet que la crise sanitaire, il y a du Covid derrière. Il faut dire qu’on en a mangé à toutes les sauces aussi.

Vous ouvrez l’album sur un dessin où on voit un personnage immergé jusqu’à la taille et doublement masqué avec un tuba. Il soupire: «Quelle année de merde!» C’est un autoportrait et un résumé de votre année?

Ce n’est pas ma caricature mais cela reste quand même une année de merde même si je n’ai pas eu le Covid. Par contre, mes caves ont été noyées par les inondations et j’ai perdu quelques planches dans l’aventure.

On imagine que ces inondations ont dû être le sujet le plus délicat à dessiner. On «arrondit» la pointe du marqueur dans ce cas-là?

C’est vrai que c’était plus facile au tout début quand il n’y avait qu’un peu de dégâts matériels. C’est ensuite devenu plus sensible quand le bilan tant matériel qu’en pertes humaines a commencé à s’alourdir de jour en jour. Comme on dit, aucun sujet n’est tabou, il faut juste trouver le bon angle. L’humour ne guérit pas mais permet d’avancer. Je ne me suis évidemment jamais moqué des personnes ayant subi des dégâts ou qui ont malheureusement perdu la vie dans ces inondations.

Vous parliez d’une année de merde. A contrario, n’est-ce pas une année faste pour un dessinateur avec un Euro, des Jeux Olympiques, des élections présidentielles aux USA à l’agenda, l’arrestation de Stéphane Moreau, la chasse à l’homme de Jürgen Conings, sans oublier les décès de personnalités comme Maradona, Jean-Pierre Bacri, le Prince Philip d’Angleterre?

Il y a eu pas mal de sujets différents de la crise sanitaire, oui. Tout cela a nourri mon imagination. Le pire dans le métier de dessinateur de presse, c’est quand il ne s’est rien passé la journée.

Quelle est la part de dessins inédits dans cette sélection?

Je ne les ai pas comptés. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de dessins qui ont pu être censurés. Simplement, il m’arrive parfois de faire trois dessins le même jour. Un seul est alors publié et je garde parfois les autres pour l’album. La grande majorité des dessins sont parus dans l’Avenir qui est mon fonds de commerce. Un quart provient d’autres collaborations avec le site touristique Pagtour, l’ASBL Leg’s Go ou le Courrier international. Ce sont des dessins que le lecteur de l’Avenir n’a bien souvent pas eu l’occasion de voir auparavant.

«Tous piqués» de Sondron (Renaissance du Livre). 18€