Un cocktail Molotov lancé dans sa cour à Villers-le-Bouillet

Un Hutois de 33 ans est poursuivi pour incendie volontaire, menaces et détention de cocaïne. Mais il a une explication pour tout.

A.Ber.
 Les faits reprochés au Hutois se sont déroulés dans la rue Perrier, le 27 août dernier.
Les faits reprochés au Hutois se sont déroulés dans la rue Perrier, le 27 août dernier. © GOOGLE MAPS

Le 27 août dernier, un Villersois de la rue Perrier appelle les secours. Il vient de découvrir un cocktail Molotov dans sa cour et son tuyau d’arrosage a été endommagé par "l’explosion". Tout de suite, aux forces de l’ordre, il donne un nom, celui d’un Hutois de 33 ans qui insiste auprès de son fils depuis des semaines pour récupérer un prêt d’argent et qui l’a clairement menacé par messages le matin même. "Il me devait 200 € depuis des mois, résume le Hutois. Comme il ne me les rendait pas, peu de temps avant, je lui avais dit que j’allais augmenter sa dette de 100 € par semaine. Là, on était à 1 700 € et je lui ai dit que j’allais charger (NDLR: comprenez: embarquer) sa voiture comme caution, pour me rembourser."

S’il reconnaît donc les menaces avec ordres ou sous conditions, le Hutois nie par contre farouchement être l’auteur du jet de cocktail Molotov. "Les menaces, OK, mais le feu, ce n’est pas moi. C’est vrai que j’étais justement dans la rue à ce moment-là mais c’était pour nettoyer les panneaux photovoltaïques d’un client et pour lui faire un devis. J’aurais été débile, d’ailleurs, de faire ça alors que j’étais là avec la camionnette de mon employeur." Un employeur qui a nié lui avoir prêté le véhicule, au cours de l’enquête. Tout comme un de ses collègues a réfuté fermement l’avoir accompagné à la rue Perrier ce jour-là comme le Hutois le prétendait. "Ils ont tous menti parce qu’ils avaient peur que je les dénonce, comme on travaille tous au noir."

N’empêche, pour la juge, les coïncidences sont plutôt troublantes. D’autant que le client chez qui était le Hutois est… un ami à lui et ne l’avait appelé "au secours" qu’une heure avant les faits.

De la cocaïne trouvée lors de sa fouille

Convoqué à la police deux jours plus tard puis placé sous mandat d’arrêt dans la foulée, le Hutois est alors fouillé avant d’être mis en cellule. Et là, on trouve une boulette de cocaïne de 5,6 g sur lui. "Je suis un consommateur occasionnel et c’était pour moi. Je voulais faire la fête. Oui, c’est beaucoup mais celui à qui je l’avais achetée n’avait pas de monnaie pour que je lui en achète seulement 1 g et m’a suggéré de lui en prendre 5 g." Quant aux 420 € trouvés sur lui, le Hutois prétend qu’il s’agissait du reste des 650 € reçus pour la vente d’une voiture, les 230 € manquants ayant permis d’acheter sa drogue.

2 ans avec sursis requis

La procureure de division, Brigitte Leroy, n’expose pas tout à fait la même version des faits. D’autant que celui qui devait de l’argent au Hutois a toujours prétendu qu’il s’agissait en fait d’une dette liée à l’achat de cocaïne. "Et quand la police demande à monsieur si elle peut fouiller son véhicule, il refuse, avançant que des choses intimes s’y trouvent. Quand on lui demande d’analyser d’éventuels résidus sur ses mains, il refuse aussi et explique qu’il a justement fait le plein de la camionnette avec du diesel rouge et allumé un barbecue un peu plus tôt…" Pour elle, en plus de tout ça, il n’y a qu’une personne qui en voulait au Villersois: le Hutois. Pour qui elle a dès lors requis une peine de prison de 2 ans assortie d’un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive, avec suivi psychologique et gestion de sa consommation d’alcool et de stupéfiants.

« Un petit pschitt et un peu de suie »

Me Constant, l’avocat du Hutois, a quant à lui réclamé son acquittement pour la prévention d’incendie "qui s’est de toute façon résumé à un petit pschitt et à un peu de suie", le dossier ne prouvant pas formellement l’implication de son client. Pour les menaces, "d’accord, c’est troublant que ce soit le même jour que le cocktail Molotov mais ça fait des mois qu’il tentait de récupérer son argent: elles sont établies, oui, mais il y a un contexte à faire valoir". Pour ça, il a plaidé pour une peine de travail mais s’est dit d’accord pour une peine de probation autonome. Enfin, il a demandé que les 420 € saisis soient restitués à son client. "Les billets ont été déclarés par la police comme ayant l’air neufs, ce qui confirmerait leur retrait récent d’un distributeur", rien à voir selon lui avec des billets qui auraient servi dans le cadre de transactions liées à la drogue par exemple.

Incarcéré pendant 83 jours, le trentenaire prétend de son côté que tout ça lui a servi de leçon, qu’il s’agit du passé, qu’il ne recommencera plus les mêmes erreurs et que, pour lui, la dette du Villersois est même effacée…

Jugement le 9 février.

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