Les potstainiers hutois coulent l’étain depuis 1950

Les potstainiers hutois font partie des derniers couleurs d’étain en Belgique. Depuis 1950, leurs pots font la renommée de Huy. Francis et Fabien Lacroix ont modernisé leurs créations en mêlant étain et cristal.

Sabine Lourtie
Les potstainiers hutois coulent l’étain depuis 1950
La famille Lacroix (ici Fabien, le fils) a repris la société en 1993. ©Eda

L'étain hutois fait la renommée de la cité mosane, héritier des artisans du Moyen Âge. Les potstainiers Lacroix en sont les derniers survivants belges. «C'est lors de l'expo 58 à Bruxelles que la société a été lancée sur le site actuel et a pris de l'ampleur. L'étain était alors très en vogue, explique Fabien Lacroix, le patron, 42 ans. La famille Fallais a géré l'activité pendant des décennies. Puis mon papa, Francis Lacroix, qui tenait un magasin de décoration rive droite, a repris la société en 1993. Il y a trois ans, nous avons rapatrié le commerce ici, dans les ateliers, en proposant à la fois nos créations en étain et de la déco. J'ai à mon tour repris le flambeau en 2000.» La famille Lacroix a donné une nouvelle impulsion à l'étain massif, en perte de vitesse, en l'associant à un autre matériau noble, le cristal. «Nous coulons des décorations en étain que nous appliquons sur le cristal: verre, carafe, vase, bougeoir… Nous dessinons nous-mêmes les modèles et avons décliné plusieurs séries, assez contemporaines.» L'étain est aussi mêlé à des perles Swarovski pour des bijoux ou à des lampes Berger et Tiffany's dont le pied est en étain. Si l'étain se modernise, sa fabrication, elle, n'a pas changé depuis 70 ans. Couler l'étain, ébavurer, démouler, polir, souder, patiner, tout est fait main. «C'est un véritable travail d'artisan.» Les potstainiers hutois sont fournisseurs brevetés de la Cour de Belgique. Ce savoir-faire et la qualité de leur étain sont même reconnus dans le monde entier.