Un homme était tombé du 1er étage à Tinlot : y a-t-il un responsable ?

Une Tinlotoise de 63 ans est poursuivie pour coups et blessures involontaires par défaut de prévoyance et de précaution. Son avocate réclame son acquittement.

Anne-Françoise Bertrand
 Le tribunal hutois rendra son jugement début décembre dans cette affaire étonnante.
Le tribunal hutois rendra son jugement début décembre dans cette affaire étonnante. ©ÉdA – 60293084793 

La nuit du 11 au 12 septembre 2020, on fait la fête dans un appartement du 1er étage d’un bâtiment tinlotois. À un moment, deux invités se rendent compte que l’ami avec lequel ils sont arrivés n’est plus là. Mais personne ne s’en inquiète outre mesure. L’homme, né en 1990, sera finalement retrouvé à l’aube, gisant dans une mare de sang en contrebas d’une porte-fenêtre de l’appartement. Il est grièvement blessé: fractures du crâne et aux deux mâchoires, côtes cassées, les deux poumons abîmés, un œil touché. Aujourd’hui, il souffre de séquelles de ces blessures, ainsi que de la perte totale et irréversible de l’ouïe à l’oreille gauche. Son avocat, Me Gruslin, réclame d’ailleurs une expertise médicale pour déterminer précisément tout ça. Mais, surtout, il voudrait que la responsabilité de la propriétaire des lieux, en fait la maman de l’occupante effective de l’appartement, soit reconnue. Pour lui, l’absence d’un garde-corps devant la porte-fenêtre constituait un danger. D’accord, le bien avait été acquis ainsi en 2007 (par la société de la prévenue) mais, pour lui, "sa faute est de l’avoir maintenu dans cet état après l’achat: aucune mesure n’empêchait le drame". La propriétaire se défend en expliquant qu’un canapé et un gros pot de fleurs sont placés en permanence devant la grande baie vitrée, dont la clenche est généralement enlevée et posée plus loin. Pour Me Gruslin, c’est encore là la preuve qu’on avait conscience de la dangerosité des lieux.

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