Sous bracelet électronique, il récidive (Saint-Georges)

Ivre, le prévenu (né en 71) s’en est pris violemment à la voisine de sa maman, à Saint-Georges. Elle serait encore en incapacité.

Catherine Dethine
 Le prévenu, déjà condamné deux fois, voudrait bénéficier d’une peine de probation autonome.
Le prévenu, déjà condamné deux fois, voudrait bénéficier d’une peine de probation autonome. ©heymans 

Saint-Georges-sur Meuse. D’anciens bâtiments de ferme réaménagés en habitations se partagent une cour commune. C’est là que le prévenu, sous surveillance électronique, s’installe chez sa maman. Le 7 août 2021, alors qu’il doit respecter une série de conditions (dont celle de ne pas commettre de nouvelles infractions), l’homme s’en prend à la voisine de sa maman, inquiète d’entendre crier. Il doit répondre de coups et blessures contre cette voisine et son fils, de menaces, de dégradations et de violation de domicile.

"Ce jour-là, je n’étais pas bien, explique-t-il au président Maglioni. Mon père était décédé depuis quatre mois. J’ai pris une bouteille de Ricard et j’ai eu une discussion avec ma mère." Une "petite dispute" de l’avis du quinquagénaire qui a néanmoins donné l’alerte. "La voisine est venue une première fois puis elle est revenue, explique-t-il. Je l’ai poussée. Elle est tombée à terre mais je ne l’ai pas frappée."

Il déclare avoir été agressé par le fils de la voisine et son copain, appelés à la rescousse. Il reconnaît avoir planté un outil avec un manche dans le pare-brise de la Peugeot de la voisine et cassé un pot de fleurs. Mais pour le reste, il ne sait plus. Le président l’interroge: "Avez-vous proféré des propos racistes et fait le salut nazi ?" Pour le prévenu, c’est non. Et pourtant, des témoins et son casier en attestent. Il a d’ailleurs déjà été condamné pour ça.

L’avocat de la partie civile, qui défend la voisine et son fils, estime qu’il aurait mieux fait de ne pas se souvenir du tout plutôt que de minimiser. Car du dégât, il y en a eu beaucoup plus. D’abord sur la victime qui venait de se faire opérer du bras un mois auparavant. La chute mais aussi des coups ont mis à mal le processus de guérison. "Elle n’a plus travaillé depuis les faits." Quant à l’intérieur de la maison, il a subi des dommages. Un violent coup de pied a aussi abîmé la porte d’entrée.

Deux peines de deux ans

"Lorsque j’ai vu son nom, je me suis dit: “Encore lui !”" La procureure de division, Brigitte Leroy, ne mâche pas ses mots. "Il a fait la même chose avec ses voisins et il purge deux condamnations à deux ans sous surveillance électronique chez sa maman. Une maman avec laquelle il est méchant." Depuis les faits, le parquet précise que la victime a subi de nouvelles opérations. Il y a donc lieu de requalifier la prévention puisque l’incapacité dépasse les 4 mois. Elle requiert 2 ans de prison.

Me Alexandre Wilmotte, qui défend le prévenu, déclare être là pour la maman (présente dans la salle). "Elle qui a perdu son mari en mars 2021, il ne lui reste que s on fils." Cette maman a déjà payé les objets cassés dans la maison de sa voisine. "Elle a aussi reçu des factures antérieures à cette scène." Pour lui, rien dans le dossier ne conclut à une incapacité permanente.

Son client est à fond de peine jusqu’en août 2023. "La prison ferme a déjà commencé." Il sollicite une peine de probation autonome afin que son client puisse bénéficier d’un encadrement.

Jugement le 25 janvier.

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