Nathan Renkens, le Lukaku de Momalle

Comme le prodige de notre foot, Nathan Renkens, 12 ans à peine, explose sur deux roues. Il incarne un vrai espoir national.

Anthony Rizzi
Nathan Renkens, le Lukaku de Momalle
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Ces derniers mois, personne n'est passé à côté du phénomène Romelu Lukaku en foot. Cet ado qui fait jeu égal avec les adultes à 17 ans et qui a tout fait plus tôt que tout le monde. Toute proportion gardée, Nathan Renkens, un Momallois de 12 ans, élève à l'IPES Hesbaye, est en train de marcher, pardon, de rouler sur ses traces en motocross.

Pétri de talent, il évolue dans une catégorie supérieure à celle dans laquelle il devrait être. Et là-bas, il explose. Au point d'avoir décroché une qualification pour le motocross des nations en juniors. «Mais je n'ai malheureusement pas su y défendre mes chances en raison d'une blessure, dit le frère de Jérémy, un autre espoir du motocross. C'est dommage car c'était un vrai honneur d'être qualifié...» Un honneur qu'il a défendu joliment dernièrement lors des championnats du monde à Dardon-Geugnon, en France. «Nathan a fini 60e sur 109, explique son père, Philippe. Je pense qu'il y avait moyen de faire mieuxmais on a été embêté par des ennuis mécaniques qui nous ont empêchés de jouer le coup à fond. Bon, Nathan peut quand même être fier de son parcours jusqu'ici même si, en vérité, on n'est nulle part...» Dans son jardin...

C'est vrai. Encore qu'avant les championnats du monde, il avait déjà gagné une manche des championnats de Belgique. Perf' qu'il a répétée dernièrement par deux fois. Là, il fait partie, en clair, du Top 3 belge.

Au point de susciter l'intérêt de la Communauté française. «Depuis peu, je suis en effet élite sportive, dit Nathan. C'est chouette car ça m'offre des facilités pour m'entraîner. Je dois assez souvent me rendre à l'étranger. Et en termes de budget, ça va faire du bien aussi.» Car le motocross coûte cher à la famille. Alors, on trouve des solutions de fortune comme on peut. «Le plus souvent, on s'entraîne dans un champ qu'on loue à Momalle, rigole le papa. Il rentre de l'école et on roule jusqu'au coucher du soleil. Ça fait pas mal de bruit. On s'excuse d'ailleurs auprès des voisins que ça dérange (rires).»

Comment devenir champion du monde dans son jardin? C'est un peu le programme. «Le but, à terme, c'est de devenir pro, dit encore Philippe. Avec Freddy Bauclaire, un des coachs, on pense que si on ne se fixe pas ça comme objectif, on est sûr de ne pas y arriver.» Et dire que c'est dans son jardin à 2,5 ans que Nathan a commencé à rouler. «Je faisais le tour des arbres et j'adorais», se souvient-il. Bientôt, c'est peut-être le tour du monde qu'il fera.