«A vî bon Dju», trop bon marché

Le Comité d'acquisition d'immeubles de Liège estime que les terrains vendus au lotissement «A vî bon Dju» le sont trop bon marché.

Anne JACQUEMIN
«A vî bon Dju», trop bon marché
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Pour permettre l'accès à la propriété à de jeunes ménages de la commune. Voici pourquoi, en 2002, le conseil communal de Remicourt a voté une décision concernant la vente de différentes parcelles de terrain dans le lotissement communal «A vî bon Dju» c'est-à-dire, le long des rues de Liège, Rose et A vî bon Dju. « À l'époque, nous avions décidé de vendre des parcelles de terrain au prix de 15 ? le m2 », explique Jean-Marie Heyne, le bourgmestre de Remicourt. « Pour nous, il s'agissait d'une mesure sociale. De plus, nous avions acquis le terrain pour une somme très modique. » Jusqu'il y a peu, tout se passait pour le mieux. La mesure prise par le conseil communal en 2002 a ravi de nombreux ménages puisque, aujourd'hui, il ne reste que 4 lots à acheter. « Ceux-là sont moins favorisés puisqu'il s'agit d'y construire des habitations 2 façades. De même qu'il reste encore à vendre des appartements construits dans des immeubles.» Cependant, des promesses de vente ont été faites pour plusieurs d'entre eux. Mais une tuile tombe sur la tête des élus du collège communal. Car, le Comité d'Acquisition d'Immeubles de Liège estime, lui, que les terrains vendus au sein du lotissement communal «A vî bon Dju», sont trop bon marchés. C'est pourquoi, il est demandé aux autorités remicourtoises d'augmenter le prix des parcelles de terrains. « Au lieu de les vendre au prix de 15 ? le m2 comme jusqu'à maintenant, nous demandons dorénavant 50 ? le m2. » Avec effet rétroactif ? Une décision qui ne devrait toutefois pas affecter la vente de 10 lots pour lesquels les tractations sont presque terminées. Face à la demande du Comité d'Acquisition d'Immeubles de Liège, les autorités communales de Remicourt n'ont pas le choix. « Sinon, nous risquons de payer un "pro fisco" c'est-à-dire, un droit d'enregistrement sur la différence entre les prix », annonce Michel Mulkens, le secrétaire communal.

Les autorités, elles, ne se laissent pas abattre. « Nous prendrons rendez-vous avec les membres de ce Comité d'Acquisition d'Immeubles afin d'en discuter et même renégocier le prix », ajoute Jean-Marie Heyne. C'est pourquoi, le point concernant le lotissement communal «A vî bon Dju» a été reporté.

Valérie Leburton se demande pourquoi le prix des terrains doit changer du jour au lendemain. « De plus, n'y a-t-il pas un risque d'effet rétroactif ? », se demande la conseillère EC. « Ce qui pourrait avoir de fâcheuses conséquences pour les ménages ? » Jean-Marie Heyne est bien conscient que les prix des terrains ont fortement augmenté. « Si, à l'heure actuelle, certaines parcelles sont vendues 40, 50 ? le m2, d'autres parcelles sont vendues à 90 ? le m2!»