La Coupe pour les « Joyeux Nordistes »

C'est quelque chose comme la Palme d'or de Cannes : la troupe de Charleroi-Nord a remporté ce week-end la « Coupe du Roi », le trophée le plus convoité.

Philippe Mac Kay

Les « Joyeux nordistes », qui siègent dans l'école du Nord, à Charleroi, célèbrent cette année leur 45e anniversaire, battant pavillon de théâtre wallon. Ils ont senti leur heure venue de tenter à nouveau d'obtenir cette fameuse « Coupe du Roi », Saint Graal des troupes dialectales.

Les « Joyeux Nordistes » ont été sélectionnés parmi trois troupes ce dernier week-end à Liège au Trianon, la salle tout entière dédiée au théâtre wallon, de production en accueil. Le Trianon, c'est quelque chose comme l'Olympia, finalement.

Les « Joyeux Nordistes » ont été sélectionnés, aux côtés de deux autres troupes, l'une de Remicourt, près de Liège, l'autre de Wanze, proche de Huy.

« On devait y participer, expliquent en coeur les deux coprésidents, Jacques De Mol et Denis Gauvain, par ailleurs actifs dans le milieu journalistique de la métropole. Il y avait notre anniversaire mais aussi le fait qu'on jouait la dernière mise en scène de notre metteur en scène fétiche, Roger André, mort il y a quelques mois » .

Encouragement et espoir

Et cela a marché, couplé avec une volonté de progrès, d'aller au-delà des subventions provinciales et communales, soutien certes indispensable financièrement, mais à quoi peut s'ajouter le sentiment d'être reconnu plus largement, au-delà du public qui se presse dans le quartier Nord de Charleroi, quand il vient applaudir aux facéties de la troupe avant de profiter du bonheur des tartes au riz et autres plaisirs de l'entracte.

Le jury qui a sélectionné les « Joyeux Nordistes » est « polywallon » : entendez qu'il a l'oreille du wallon d'un peu partout, ce qui l'autorise à comprendre celui de Charleroi, de le goûter et de l'applaudir.

La troupe a joué « Au gai boskovitch », l'histoire d'un home en microcosme fait de destinées en nivellement obligatoire que suscite une maison de repos. Les caractères s'y affrontent le temps d'être sérieux et de sourire, parce que tel est le voeu des « Joyeux Nordistes ».

Dimanche après-midi, après le passage des autres troupes, le temps d'une délibération, les « Joyeux Nordistes » ont donc été consacrés, en présence d'un représentant du Roi, ce qui a ajouté encore à la pression ambiante.

Les membres de la troupe en tirent évidemment une légitime fierté. Avant eux, il y a eu, pour remporter ce trophée, le « Cercle wallon de Couillet ». À Charleroi-Nord, on veut voir dans ce prix un encouragement. Et l'espoir, peut-être, d'un soutien complémentaire, sous quelque forme que ce soit, et si rudes que soient les circonstances financières.