Manu Di Martino en pays de danse

Manu Di Martino est dans la danse par hasard, mais il ne la quittera jamais. De Remicourt, il signe des chorégraphies chaudement accueillies.

Sandrine GEUQUET

Des corps en mouvement qui s'articulent et se désarticulent, une histoire de rencontres en filigrane qui épouse les danseurs, de la vidéo comme un vêtement de haute couture qui pare la scène, des expressions et des impressions... Manu Di Martino travaille la danse comme une pâte à modeler qui répond à toutes ses envies. Directeur du collectif Okus, il a mis en février le feu au Pays de Danse 2 010 à Liège. « Nous n'avions encore joué nulle part, nous étions prêts pour Pays de danse et l'accueil a été très bon ! On a marqué le coup ! » Un accueil important puisque « Rencontres hasardeuses » est le premier projet du chorégraphe. « Il y a encore quelques années, j'étais chercheur à l'Ulg... » Un monde loin de la danse où Manu Di Martino était biochimiste. « J'ai toujours fait beaucoup de sport, notamment du Kung Fu, et je suis dans le mouvement hip-hop. Vers 23 ans, je m'ennuyais un peu et je cherchais un sport, je ne faisais plus de Kung Fu, je me suis inscrit à un cours de hip-hop. » Un peu par hasard, Manu rencontre son destin. Très vite on lui propose de donner cours et son contrat à l'Ulg se finit. « Je ne m'amusais plus dans la recherche, je ne trouvais pas de sujet qui m'attire, alors je me suis laissé porter... » Son but est de toucher à tout, un maximum. Il enchaîne les rencontres, les cours, les projets. Bientôt, le hip-hop supplante son métier. « J'ai commencé à faire de l'événementiel, des shows de danse avant des sets de dj. Je travaille avec la vidéo, ça a plu. » C'est ainsi qu'il se retrouvera en première partie de David Guetta. « On me demande souvent s'il est sympa... Mais je ne l'ai croisé que quelques minutes ! Et oui, c'était sympa ! » Cet égrenage le happe délicieusement. En mêlant la danse et la vidéo, Manu se sent pousser des ailes. « J'ai créé le label Okus pour mettre sur pied des projets. Ce n'est pas à proprement parlé une compagnie, qui exigerait une équipe de danseurs constante : dans un label on est libre de travailler avec qui on veut. » C'est ainsi que, il y a un an et demi, il travaille sur « Rencontres hasardeuses » avec la danseuse contemporaine Mylena Leclercq. « Nous savions déjà à ce moment-là que Mylena partirait à Macao travailler avec Franco Dragone. Nous avons construit le spectacle en ce sens. » Mylena deviendra virtuelle, présente de corps grâce aux vidéos. Deux autres danseurs sont venus se greffer sur ce projet. « La danse c'est un petit monde, on se connaît tous ! » Manu Di Martino a d'ores et déjà commencé la suite de « Rencontres... », tout en prospectant pour jouer le premier volet.

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