Condroz: le réseau des fermes sociales « De la bêche à l’assiette » s’affiche

La Teignouse a lancé il y a six ans le projet social " De la bêche à l’assiette ": des fermes comme levier d’inclusion. Le réseau s’est étoffé et s’affiche…

Sabine Lourtie
 Les huit fermes ont apposé leur nouvelle pancarte.
Les huit fermes ont apposé leur nouvelle pancarte. ©DOC

Depuis quelques semaines, les huit exploitations agricoles de la région Ourthe-Amblève-Condroz ont placé leur pancarte qui les identifie comme partenaire du réseau "De la bêche à l’assiette", initié par l’ASBL La Teignouse. En quelques mots, tout est dit: "Agriculture & social – Ici, on crée du lien". Ce projet d’inclusion sociale existe depuis 2017 et est porté par trois chargés de projet au sein de l’ASBL La Teignouse: Lionel Renard, Denis Ciry, Soline Van Hoven. L’idée ? Proposer aux fermes du coin de faire de l’agriculture sociale, en proposant à un public fragilisé de participer à leurs tâches, des activités ressourçantes en lien avec la nature, le monde rural, qui créent du lien, qui rompent l’isolement social. "Pour certaines personnes, très loin du monde de l’emploi et de la formation, c’est un tout premier pas pour se remettre en projet", explique le chargé de communication de La Teignouse, Martin Attout. Une demi-journée par semaine, par petits groupes, les personnes vont participer à la vie de la ferme, encadrées par un accompagnateur de La Teignouse. "Le but n’est pas de les former au métier d’agriculteur mais de les mobiliser autour d’un projet, de leur apporter du bien-être, de leur rendre la confiance en soi. On n’est pas dans la réinsertion professionnelle mais dans l’inclusion." Et ça paye par la suite puisque près de 50% des participants ont ensuite été relayés vers l’emploi ou la formation. En quatre ans, le nombre de fermes participantes s’est développé. On en compte huit actuellement: la Ferme de Xhenceval à Ouffet, les Co&co’s de Néné à Anthisnes (élevage de poule bio et en plein air), le Jardin des Ravines, maraîcher de Fraiture (Sprimont), le Jardin de la Fouarge, maraîcher en traction animale à Comblain-au-Pont, le Jardin du Mont Pointu, maraîcher bio à Louveigné, la Reid du temps, ferme à La Reid, Dimitri et André Goffin, ferme de Stoumont et Au Canard gourmand, éleveur de canards à Fraiture (Sprimont). En 2021, quelque 24 personnes ont tenté l’expérience et en 2022, le projet a accompagné plus d’une trentaine de personnes. Mais ce projet ne s’arrête pas au travail à la ferme. "Ce n’est pas du simple bénévolat. À côté, en dehors, il y a tout un suivi, une prise en charge, un encadrement. Le travail à la ferme facilite l’échange…" Pour l’exploitant aussi, ce projet est source de valeur. "C’est un sacré coup de main pour eux mais c’est aussi donner du sens à ce qu’ils font, faire découvrir leur métier, partager des expériences et participer à un projet social." La Teignouse est d’ailleurs toujours à la recherche de nouvelles fermes. Ces nouvelles pancartes apposées récemment sur les huit exploitations permettent en tout cas de donner une nouvelle visibilité au projet. "On met les producteurs en réseau, on les reconnaît dans leur valeur ajoutée", conclut La Teignouse.

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