Il y a 30 ans, Amédéo tuait femme et ancien plongeur

Le restaurateur liégeois ne peut supporter l'idée que sa femme soit partie avec un jeune Tunisien. Il tire sur les deux à Nandrin.

Thierry DELGAUDINNE
Il y a 30 ans, Amédéo tuait femme et ancien plongeur
Jerome heymans amedeo ©Jérôme Heymans

Nandrin , 3 juillet 1980. La caravane du Tour de France est réveillée par un coup de tonnerre. Dès les premiers tours de roue, Bernard Hinault est à la traîne. Pas de chance pour le Breton, la journée est divisée en deux étapes, gagnées par l'équipe Raleigh et par Jan Raes. Il fait beau ce jeudi-là sur les routes du Tour de France, et sur la cité ardente.

À Liège, Amédéo Candeloro, fana de cyclisme et grand supporter du Standard, a-t-il regardé les étapes à la télévision ? On l'ignore, mais on a la certitude qu'il n'était pas devant son poste de télévision pour le résumé de l'étape après le journal télévisé, car à cette heure-là, le restaurateur liégeois était à Nandrin.

Au paisible hameau de La tolle, ça ne s'invente pas, à la limite de Nandrin et de Rotheux-Rimière. Il y a une quinzaine de jours que l'épouse d'Amadéo l'a quitté pour aller vivre avec Achour, un jeune Tunisien. Ce 3 juillet 1980, en fin d'après-midi, Amédéo, le restaurateur le plus connu de la place de Liège, apprend par sa fille qu'Achour a pris le bus en direction des Guillemins. L'Italien, sachant que le Tunisien possède une chambre à Verviers, et le soupçonnant de s'y rendre avec son épouse, monte à l'étage, se munit d'un pistolet Beretta 7,65 qu'il possède depuis quelques années, et dont le chargeur contient six ou sept projectiles. Il part ensuite pour les Guillemins pour les retrouver. À la gare de Liège, Amadéo retrouve effectivement son épouse et son ancien plongeur, assis sur un banc des quais, attendant le train pour Verviers qui doit démarrer à 19h30. Il veut une explication.

Tous trois quittent alors la gare pour se rendre dans un café et y discuter. Comme il y a trop de monde dans les bistrots jouxtant la gare, ils montent dans la Mercedes du restaurateur. Les voilà en route vers le Sart-Tilman, à la recherche d'un café tranquille pour discuter. Dans la voiture, des reproches sont échangés. Finalement, Amédéo, Mariette et Achour arrivent au hameau de La Tolle .

Là, quand Mariette manifeste sa volonté d'épouser Achour, Amédéo fait feu sur elle, la touchant dans le dos, alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la voiture. Il se retourne ensuite et tire sur Achour, toujours assis à l'arrière de la voiture. Alors que Mariette vit encore, Amédéo sort le corps de l'amant de la voiture. C'est à ce moment-là qu'arrive un cyclomotoriste. S'adressant à lui, Candeloro lui demande d'alerter le service 900, mais le promeneur prend peur et part. Amédéo couche alors le corps de Mariette en bordure de la route et se rend à l'Edelweiss, un café situé à la limite de Boncelles, d'où il alerte le service 900. Il est 20h. Une ambulance arrive et sous la conduite d'Amédéo se rend sur les lieux du drame. Comme Achour est mort, les ambulanciers, qui récupèrent le revolver, embarquent Mariette et l'emmène à la clinique Joseph merlot à Seraing.

Candeloro les suit, mais perd la trace, vu les manoeuvres d'un camion. Il rentre dans son restaurant de la rue Saint-Paul, où il tient une espèce de conseil de famille avec ses filles et des amis. Puis va se livrer à la police liègeoise, place du Marché.