« J’en ai marre qu’on minimise la vente de cannabis »

Trois hommes inconnus de la Justice sont poursuivis pour culture, détention et vente de cannabis. L’un d’eux n’était pas là pour s’expliquer.

A. Ber.
 Une cinquantaine de plants avaient été découverts dans l’appartement du Hutois.
Une cinquantaine de plants avaient été découverts dans l’appartement du Hutois. ©ÉdA – 60406881916 

Ils auraient dû se trouver à trois sur le banc des prévenus mais seuls deux d’entre eux se sont présentés devant le tribunal correctionnel hutois ce jeudi. Un Hutois de 33 ans et un Amaytois de 31 ans, amis depuis l’adolescence. Ce qu’on leur reproche ? D’avoir cultivé, détenu, offert et vendu du cannabis. Ensemble, chacun pour soi et à de nombreuses reprises entre 2016 et 2021. S’ils admettent tous les deux avoir fait tout ça chacun de leur côté, ils réfutent fermement s’être associés formellement dans le cadre d’un trafic de stupéfiants. "J’ai cultivé seul, sans aide, avec des conseils trouvés sur internet, explique le Hutois. J’ai entamé cette culture en mai 2020 pour ma consommation personnelle comme j’étais un gros consommateur, 5 à 10 grammes par jour. Comme j’avais peur de tomber trop court, j’en faisais un peu plus et j’ai vendu le surplus aux deux autres et de temps en temps à d’autres amis."

L’Amaytois explique quant à lui que, s’il a détenu et vendu un peu de cannabis par le passé, c’est au moment du premier confinement, en 2020, qu’il s’y est mis "à fond", surtout par désœuvrement. "C’était impossible d’avoir une vie normale: on ne pouvait plus sortir, on ne pouvait plus voir personne, on devait passer nos journées à regarder les murs… Je me suis enfoncé dans un truc pas pour moi mais ça n’a jamais été dans le but de monter un business."

Vers une suspension probatoire du prononcé ?

Pour la procureure de division, pas question par contre d’accepter qu’il s’agisse là d’une erreur de jeunesse ou d’un pas de côté à cause du Covid. "C’est trop facile, de dire ça. Même s’ils n’ont aucun antécédent judiciaire, non, ce n’est pas un dossier anodin. J’en ai marre qu’on minimise la vente de cannabis." Convaincue de la prévention d’association dans le chef des deux prévenus, elle a réclamé une peine de probation autonome pour chacun (1 an de prison s’ils ne respectent pas les conditions qui leur seront imposées) et 1 an de prison et une amende pour le prévenu qui faisait défaut. Elle a également demandé la confiscation des 750 € trouvés chez le Hutois et des 3 100 € trouvés chez l’Amaytois.

Les deux avocats de la défense ont quant à eux plaidé la suspension probatoire du prononcé pour les faits admis et l’acquittement pour la prévention d’association. "C’était du dépannage entre eux mais pas un trafic. Il n’y avait aucune subordination entre eux, ils n’avaient aucun compte à se rendre." L’avocate de l’Amaytois a également demandé que les 3 100 € trouvés à son domicile lui soient restitués. "Ils provenaient de son job dans le monde de la nuit où on sait que tous les paiements se font de la main à la main."

Jugement le 9 février.

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