Le triathlon de Huy peut-il sortir de l’impasse ?

Le club Puissance Huy’t, qui organise le triathlon, et la Ville butent sur l’obligation de la partie vélo en circuit fermé. On semble s’orienter vers une nouvelle annulation en septembre. La tension est palpable.

Frédéric Renson
 On s’oriente vers une nouvelle annulation en septembre prochain après celle de 2022 pour les mêmes raisons.
On s’oriente vers une nouvelle annulation en septembre prochain après celle de 2022 pour les mêmes raisons. ©Heymans  archives

Déjà orphelin de son triathlon en bord de Meuse à Ben-Ahin l’été dernier, le club Puissance Huy’t va-t-il devoir à nouveau y renoncer le premier week-end de septembre 2023 ? Beaucoup d’éléments le laissent penser à ce stade et les triathlètes hutois ne semblent d’ailleurs déjà plus se faire d’illusion. "À partir du moment où on a rappelé par mail à la Ville qu’on avait besoin d’une réponse pour le 10 décembre pour une question de place à l’agenda de la ligue et que nous n’avons rien reçu, nous considérons cela comme un non", regrette Luc Bodet, le président du club organisateur.

Pour rappel, c’est un arrêté de la ministre Glatigny (Sports) qui est venu bousculer la donne en 2022 en imposant que toute épreuve cycliste se passe sur circuit fermé pour une question de sécurité. Ce qui, pour le triathlon de Huy imposerait une fermeture totale de la circulation sur la N90 durant plusieurs heures, là où il pouvait jusque-là se limiter à geler une seule bande. "En résumé, soit on ferme la nationale à la circulation, soit il faut mettre plus de policiers pour sécuriser et c’est sur cela que ça coince, résume Luc Bodet dont le club a proposé de revoir son tracé pour n’avoir qu’une traversée de la nationale contre deux habituellement . Notre dernière entrevue avec la Ville remonte à deux mois en présence également d’un policier et d’un représentant du SPW puisqu’il s’agit d’une route nationale. Mais le bourgmestre a néanmoins toujours le choix de dire qu’il bloque ou pas la circulation sur son territoire. On n’a plus eu de nouvelle. Il semble donc qu’il n’y soit pas favorable. Au sein du club, c’est le sentiment que nous laisse l’absence de réponse."

« Que le club propose un autre circuit qui évite la nationale »

Éric Dosogne ne s’en cache pas, "répondre à cette obligation réclame de gros moyens de police, cela à un coût, ce sont des heures supplémentaires demandées ! Le SPW n’est pas non plus des plus chauds à se priver d’une nationale durant cinq heures. La mesure de sécurité est de la fermer au départ d’Andenne. Et puis, quand le club a envisagé une alternative sur Amay l’année dernière, il a aussi essuyé un refus. Il faudrait que ce soit Huy qui fasse toujours les dépenses ! Quand les récents Porsche Days ont utilisé la nationale menant de Huy à Ohey, les organisateurs l’ont sécurisée à leurs frais pour la signalisation aux carrefours. Désolé, mais on a retourné le problème dans tous les sens. Que le club propose un autre circuit qui évite la nationale. Je ne sais pas comment. Je regretterais évidemment la disparition d’une belle activité comme celle-là mais je ne transigerai pas sur la sécurité et je ne peux pas mettre autant de policiers (NDLR: 8 selon les estimations de la Ville)".

« Sans solution avec la VIlle, il n’y aura pas de triathlon en 2023 »

L’année dernière, le club Puissance Huy’t avait bien envisagé des solutions de repli vers Amay ou Wanze. "Mais Amay a finalement décliné. On pourrait relancer la solution wanzoise mais elle nécessiterait aussi l’accord d’Andenne et Héron où le circuit passerait, analyse le président Bodet. Or, cela nous expose au risque d’un refus d’une Commune à l’approche du triathlon comme on l’a déjà expérimenté à nos frais par le passé avec Marchin. On souhaite rester sur une seule commune et en priorité sur Huy."

Etienne Roba, l'échevin des Sports, aura beau reconnaître qu'il est difficile de trouver un autre site sur le territoire de Huy avec une entrée en Meuse pour la partie natation et sans traverser la nationale pour la partie vélo ("la nouvelle règle sur le circuit fermé nous coince vraiment"), la situation refroidit sensiblement les relations entre la Ville et le club même si celui-ci a dernièrement eu les honneurs avec le titre de sportif hutois de l’année attribué à son triathlète Yves Simonet pour sa participation à l’Ironman d’Hawaï. "Sans solution avec la Ville, il n’y aura pas de triathlon en 2023 non plus, considère le président. Pourtant, au même endroit, on pourrait l’organiser très rapidement vu qu’on y a nos repères. Ailleurs, il faudrait compter six mois de préparation. Quoi qu’il arrive, il nous faut booker le calendrier de la ligue. Ce qui nous inquiète en libérant la date pour la deuxième année, c’est qu’on n’est pas certain de la retrouver. Ce serait dommage pour un événement qui attire 300 participants et 600 personnes sur un même site. Avec entre 50 et 60 membres, on n’est plus un petit club. Mais il va falloir vivre sans triathlon et sans piscine non plus puisque celle de Huy est encore en travaux pour un bout de temps. Je me souviens du slogan “Huy, ville de sport” d’il y a 30 ans avec de nombreux événements sportifs. Peut-on encore parler ainsi aujourd’hui tant c’est tombé en désuétude ?"

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